Ça s’est déroulé à l’occasion d‘une interview que Tsipras a accordé au Point cette semaine. Je demande à Tsipras s’il a encore des relations avec Mélenchon... Sa réponse : "je n’ai pas eu le sentiment que Mélenchon avait véritablement envie de gouverner..."

Le President du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon reçoit Alexis Tsipras, leader de Syriza, candidat à la présidence de la Commission européenne en 2014
Le President du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon reçoit Alexis Tsipras, leader de Syriza, candidat à la présidence de la Commission européenne en 2014 © Maxppp / Thomas Padilla

Par Etienne Gernelle.

C’est terrible, pour Jean-Luc Mélenchon, car son ancien ami de la gauche radicale, son frère en insoumission, vient de lui envoyer, sans s’en rendre un compte, un upercut dévastateur. Ça s’est déroulé à l’occasion d‘une interview que Tsipras a accordé au Point cette semaine.
Je demande à Tsipras s’il a encore des relations avec Mélenchon. Il me dit que non. Je lui demande pourquoi. Et là, c’est le drame… Il me répond, je cite : 

"Je n’ai pas eu le sentiment que Mélenchon avait véritablement envie de gouverner. Je me suis rendu compte qu’il ne saurait pas vraiment quoi faire en cas de victoire. Ce n’est pas une position de gauche. Lorsque vous êtes de gauche, il faut vous préparer au pouvoir avec un programme en faveur des plus faibles. Tout en sachant que vous aurez à prendre, parfois, des décisions difficiles. J’ai choisi de me préparer à prendre des responsabilités, de ne pas être seulement heureux dans ma posture révolutionnaire." 

Et boum. En clair, pour Tsipras, Mélenchon est un velléitaire, un révolutionnaire en peau de lapin.  

Pourquoi ? Tsipras pense que Mélenchon n’aurait jamais réalisé son programme ? 

Exactement. Tsipras dit que pour lui, la ligne rouge à ne pas franchir, le Grexit, la sortie de l’euro, car cela aurait été la ruine assurée pour les plus modestes. Il avait donc proclamé qu’il ne voulait surtout pas sortir de l’euro. Mélenchon, lui a été plus flou pendant la campagne présidentielle, avec son histoire de plan B. Sachant que son plan « A », de toute évidence, n’était pas compatible avec l’euro.

L’hypothèse de la sortie de l’euro, c’est la question qui tue. Tsipras, dans l’interview, précise sa pensée sur ce point. Je cite : 

Je savais que si (sur l’euro) ma réponse n’était pas claire pour les gens, je serais comme Mélenchon, dans l’évitement. 

L’analyse de Tsipras est assassine, mais limpide. Quand on dit qu’on veut renverser la table, il faut être prêt à en assumer les conséquences. Sinon, c’est de la posture.

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