La semaine dernière, François Hollande a pris un sacré risque puisqu’il a demandé à chacun, je le cite, de « se rapporter au discours du Bourget », de le relire donc. Après tout c’est le discours le plus important de sa campagne, alors bonne idée, je l’ai relu !

Mis de côté le célébrissime passage sur son adversaire, « le monde de la finance », qu’on ne cessera jamais assez d’analyser. Plus largement c’était effectivement un bon discours, dense, mais aussi très violent contre Nicolas Sarkozy et son exercice du pouvoir. Il dure une heure et demie donc j’ai dû choisir quelques passages seulement, qui deviennent assez savoureux, trois ans plus tard.

François Hollande entouré de Béji Caïd Essebsi et de Mahmoud Abbas à Tunis.
François Hollande entouré de Béji Caïd Essebsi et de Mahmoud Abbas à Tunis. © EPA/MaxPPP

Symboliquement, je me suis arrêtée sur la première proposition du discours. Eh bien c’est une proposition… non tenue ! Il s’agissait d’inscrire la loi de 1905 qui sépare les églises de l’Etat dans la Constitution. Trois ans plus tard, alors que la question de la laïcité a pris une place centrale dans le débat public, ce n’est pas fait.

Sur l’ensemble des propositions, impossible d’être exhaustive. Alors: Pour les plus marquantes... François Hollande a bien réduit son salaire de 30 %, il a fait voter le non-cumul des mandats pour les parlementaires. Par contre, aucune trace de proportionnelle à l’Assemblée, pas plus que du droit de vote des étrangers aux élections locales. Au rayon économique, il n’a pas supprimé les stocks-options comme promis. Du côté de la taxe sur les transactions financières qu’il promettait d’instaurer, il continue de soutenir le projet au niveau européen, mais on n’y est pas.

Côté politique, il clamait : «Présider la République, c’est refuser que tout procède d’un seul homme, d’un seul raisonnement, d’un seul parti, qui risque d’ailleurs de devenir un clan.» Pour traduire c’était en fait rompre avec l’exercice classique de la fonction suprême sous la Ve République. Là, c’est complètement raté.

Et puis pour finir, on va écouter un petit extrait, quand même, je vous laisse apprécier :

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Le cinq sept 2013 - Son édito pol Hollande Bourget Charlotte Chaffanjon

Je crois bien que les frondeurs ne diraient pas mieux que François Hollande à l’époque, qui, lui, trois ans plus tard est convaincu d’être précisément sur le seul chemin possible.

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