Le gouvernement est content des Européennes. Et il y a un signe qui ne trompe pas : les ministres se répandent partout en disant : « Vu les résultats, pas question de changer de politique, on doit juste accélérer nos réformes... »

Emmanuel Macron, président de la République
Emmanuel Macron, président de la République © Getty / Antoine Gyori - Corbis

Sauf que pour accélérer, il faut être en train d'avancer ! Or, la machine est à l'arrêt depuis les "gilets jaunes". Il y a eu ensuite le grand débat, puis la campagne des Européennes. Le parlement tourne au ralenti. Au dernier conseil des ministres, mercredi dernier, il y avait un seul projet de loi à l'ordre du jour. C'était sur les relations entre l'Arménie et la France. 

Les textes en retard se sont accumulés

Le gouvernement doit d'abord examiner des textes sur la santé, la fonction publique, les transports (on va reparler des 80km/h). Puis, on aura les préconisations sur les retraites et les arbitrages sur l'assurance-chômage : des sujets explosifs. Ensuite, il y a, dans le désordre : la révision des lois bioéthiques, avec la PMA. Il y a aussi un texte sur la décentralisation. Sans compter la réforme institutionnelle, qui a été suspendue, elle, au moment de l'affaire Benalla. Et il y a aussi un texte sur l'économie circulaire et un autre sur la régulation d'Internet. Or, au gouvernement, on sait qu'il n'y aura pas de temps pour passer plus de trois gros textes d'ici au vote du budget ! 

Emmanuel Macron va faire de la politique

Il va décider à quel public il veut s'adresser en priorité. Aux écolos, avec l'économie circulaire ? A la majorité avec la PMA ? Est-ce qu'il veut se rabibocher avec les élus ? C'est la décentralisation. Est-ce qu'il envoie un signal aux "gilets jaunes" en réformant les institutions, avec de la proportionnelle et plus de démocratie directe ? On sera vite fixé. 

Une chose est sûre : Emmanuel Macron a retrouvé du capital politique. Pas seulement parce qu'il a bien résisté aux Européennes. Mais parce que l'opposition est sonnée. Les Républicains, les socialistes, les Insoumis, tout le monde est au tapis... à part Marine le Pen. On se retrouve dans la situation qu'on a connue en 2017 et qui avait offert à Emmanuel Macron quelques mois de répit. On verra si l'accalmie dure autant...

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