(Par Marcelo Wesfreid)

Juliette Meadel a fait son entrée au gouvernement en février. Elle est secrétaire d'État à l'aide aux victimes.

Chaque jour, Juliette Méadel appelle des familles de victimes, du Bataclan, de Grand-Bassam en Côte d’Ivoire ou les Français touchés à Bruxelles. Pour savoir si ça va, si elles ont pu obtenir des aides financières. Si les victimes ne sont pas livrées à elles-mêmes, perdues dans la nature. Son job n'est pas évident parce que son secrétariat d'État n'a pas de budget propre et n'a aucune administration sous ses ordres.

Il faut le dire : ce ministère, créé de toutes pièces, qui dépend de Matignon. C’est beaucoup de coordination, beaucoup de symboles, aussi. À la vérité, un simple délégué interministériel aurait pu suffire, pour faire travailler ensemble les services de l'État, mais voilà : l'Exécutif a voulu montrer qu'on avait changé d'époque, avec une menace terroriste permanente. D’où ce ministère "compassionnel".

Juliette Meadel a 41 ans, elle tranche avec la plupart des autres membres du Gouvernement. Car elle n'a pas du tout une carrière d'élue. Elle a tout juste été conseillère municipale dans le 14e arrondissement de Paris.

En revanche, elle milite depuis des années au PS dont elle a été récemment porte-parole. Elle était déjà dans l'équipe de campagne de Ségolène Royal en 2007, qui l’avait repérée. C'est une belle femme, qui attend son quatrième enfant, à l'aise dans les médias, bosseuse, mais un peu trop techno. Elle vous inonde de sigles, d'acronymes, quand elle parle des blessés, ce qui est quand même un comble.

C'est son côté, premier de la classe : Juliette Méadel a fait l'ENA. Elle a été avocate d'affaires en France et aux États-Unis. Elle a travaillé à la direction du Trésor, à la Cour des comptes. Rien ne la prédisposait à être la Madame victime du Gouvernement.

C'est Jean-Christophe Cambadélis , le patron du PS, qui s’est battu pour son entrée au gouvernement. À peine nommée, elle s'est illustrée par une première sortie de route. Elle a crucifiéle cardinal Barbarin en disant que son comportement, son silence vis-à-vis des prêtres pédophiles, n'était pas « chrétien ». Cela a créé un début de polémique avec Christine Boutin , pour qui ce n’est pas à un ministre de pérorer pour savoir ce qui est « chrétien » ou pas.

Elle est clairement en rôdage... mais c'est justement la raison pour laquelleFrançois Hollande l'a nommée. Il veut la tester, l'endurcir. Le président a beau être au fond du trou dans les sondages. Il prépare sa présidentielle. Et il est en recherche active de profils un peu neufs, de relève, pour donner un peu d’oxygène à sa campagne en 2017.

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