A moins d’un mois de la campagne présidentielle, la plupart des candidats sont déjà dans un état d’épuisement avancé.

François Fillon le 27 mars
François Fillon le 27 mars © AFP / JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Par Jean-Baptiste Daoulas.

Comme me le résumait le ministre de l’Economie Michel Sapin il y a trois jours :

Il y a deux catégories de candidats. Ceux qui sont fatigués, mais qui pensent qu’ils vont gagner. Ceux là produisent leur propre anti-fatigue. Et puis il y a ceux qui sont fatigués et qui ont l’impression que leur campagne ne marche pas. Et ceux là, ça se voit qu’ils sont crevés.

Ce théorème de Michel Sapin, il se vérifie avec François Fillon et Benoît Hamon, tous les deux en difficulté. Un élu Les Républicains le reconnaissait il y a quelques jours : “François Fillon a maigri, et il a une sale tête”. Et ça ne va guère mieux pour Benoît Hamon, dont la fatigue est même devenu un sujet d’inquiétude dans son équipe.

Le socialiste ne dort que quelques heures par nuit. Et après ses meetings, le soir, il a tendance à rester discuter avec les militants plutôt que de rentrer se coucher. Bref, “Il ne se repose pas assez”, m’expliquait un de ses proches. Et dans son entourage, certains pensent que c’est la principale raison pour laquelle Benoît Hamon est apparu aussi terne dans le débat organisé par TF1 la semaine dernière.

Les petits secrets des candidats pour rester en forme.

Pour certains, comme Marine Le Pen, la priorité c’est de sanctuariser les heures de sommeil et de respecter un régime strict pour ne pas prendre de poids. Pour d’autres, l’important c’est de compenser le stress et le manque de sommeil en faisant du sport. François Fillon et Benoît Hamon vont courir dès qu’ils le peuvent.

Pour Nicolas Dupont-Aignan, l’exutoire, c’est la natation. Il arrive encore à y aller deux fois par semaine. Mais la piscine, c’est parfois un sport dangereux. Figurez-vous que le candidat de Debout la France a récemment égaré son téléphone portable dans les vestiaires de la piscine Pontoise, à Paris. Mais on se rassure, l’objet lui a été rapidement rendu.

Faire campagne en 2017 est épuisant.

Il y a déjà des sollicitations médiatiques nouvelles qui épuisent les candidats. Avant le premier tour du 23 avril, les cinq principales têtes d’affiche auront dû se plier à trois soirées de débats télévisés. C’est du jamais vu.

Et puis il y a aussi le temps qui ne cesse de s’allonger. Désormais, la droite, les socialistes et les écologistes organisent une primaire. Au lieu de quelques mois, la campagne présidentielle dure maintenant plus d’un an. Pour les candidats c’est un rythme tout simplement inhumain. Et quand on observe l’évolution qui s’est opérée en une quinzaine d’années, ça donne le vertige. Figurez vous qu’en 2002 - les circonstances étaient évidemment différentes - mais Jacques Chirac et Lionel Jospin n’avaient déclaré leur candidature qu’à peine deux mois avant le premier tour.

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