La semaine a été marquée par la grogne des maires contre Emmanuel Macron. Les « jambes » de la France profonde veulent se faire entendre par « la tête » parisienne.

Par Jannick Alimi

Depuis son élection, Emmanuel Macron marche sur la tête. A l’instar d’un Mao, Macron a commencé sa « grande marche » par la conquête des pouvoirs centraux, l’exécutif, le législatif, les départements comme échelons déconcentrés de l’Etat. Mais, notre « grand timonier » connaît les limites de cette stratégie. Il a besoin maintenant de « jambes » pour aller plus loin.

Cela veut dire que le président a besoin de relais politiques partout en France pour mettre en œuvre les réformes décidées à Paris

La République en Marche, un parti vieux d’un an et demi, manque d’élus locaux. L’enjeu ? Les scrutins des régionales et des municipales. Et c’est un vrai travail d’Hercule qui demande du temps.

Le chef de l’Etat veut repousser d’un an les municipales et les regrouper avec les régionales de 2021. Il propose également de remplacer les huit circonscriptions des Européennes de 2019 en une circonscription nationale, plus facile à gagner pour La République En Marche. Mais ce n’est pas tout. 

Arrêtons nous un moment sur les nouvelles recrues de la Macronie. Le socialiste Olivier Dussopt, désormais secrétaire d’Etat à la fonction publique, est président de l’Association des petites villes de France. Utile. L’ex Républicain, Gérald Darmanin, le ministre des comptes publics, était jusqu’à la règle du non cumul, maire d’une grande ville du Nord, Tourcoing, Edouard Philippe, du Havre, Sébastien Le Cornu, était président jusqu’à juillet dernier du Conseil départemental de l’Eure. 

Et enfin, toute la stratégie de négociation entre Macron et Larcher, le président du Sénat, instance de représentation des territoires, a pour but sinon de conquérir en tout cas de pacifier cette France des jambes. Christophe Castaner, au moment de son élection à la tête de LREM, a lancé ce qu’il a appelé « la campagne des cent fleurs  afin que mille initiatives, mille fleurs fleurissent en France. » Mais la macronie doit aussi et surtout prendre la France par la racine.

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