Un avertissement révélateur d’un changement de climat entre les deux alliés

François Bayrou
François Bayrou © AFP / ERIC FEFERBERG

Jusqu’ici, François Bayrou, allié de la première heure d’Emmanuel Macron pestait, mais il pestait dans l’ombre. 

Derrière les sourires de façade, il y a de puissants sujets de discorde entre le théoricien d’un grand courant politique central et le jeune président de la République qui y a fait son nid. 

Des questions de choix de personnes d’abord

On le sait, François Bayrou, qui connait bien les mécanismes de l’Union européenne, a mis Emmanuel Macron en garde contre la désignation de Nathalie Loiseau pour la tête de liste aux Européennes et surtout contre celle de Sylvie Goulard pour la Commission. La suite lui a donné doublement raison. 

Idem sur la stratégie politique : l’an dernier au moment de la crise des Gilets jaunes, le maire de Pau demandait la suppression de l’augmentation des taxes sur le carburant dès le 27 novembre, dix jours après le début de la crise. Le président de la République a fini par céder mais une semaine plus tard, une semaine trop tard, après le saccage de l’arc de Triomphe. 

Cette fois-ci la divergence repose sur les municipales

Au mois de septembre, François Bayrou a déjà alerté les élus de La République en Marche, pris d’une fièvre hégémonique. 

Mais hier, sur France Inter, lors de l’émission Questions politiques, Bayrou est allé plus loin, marquant son désaccord sur la question parisienne avec le président. 

Depuis des semaines, Emmanuel Macron laisse prospérer la rivalité entre Benjamin Griveaux et Cédric Villani, tous deux transformés en petits rats de son laboratoire LREM, prêts à s’entre-dévorer. 

Une rivalité « stérile » a jugé hier le patron du Modem qui réclame en « ON », cette fois, un candidat capable d’un plus large rassemblement. Bref, un plan B.

Et il cite d’ailleurs des noms en plan B : Jean-Louis Borloo et Agnès Buzyn qui, candidats ni l’un ni l’autre, ne sont finalement là que pour servir son raisonnement. 

Bayrou dénonce en creux le rabougrissement sur elle-même d’une majorité, incapable de ménager ses alliés, incapable par exemple de soutenir un juppéiste à Bordeaux, cité qu’il surveille depuis son fief palois. 

François Bayrou s’exprime ainsi parce qu’il est « libre », selon un proche du patron du Modem, qui nie toute discorde avec le président de la République. 

Il paraît pourtant écrit, qu’au fil du temps, le décalage politique entre l’agrégé béarnais, fils de paysan et girondin d’un côté et l’énarque, chantre jacobin de la start-up nation de l’autre, s’avère de plus en plus béant, avec un grand B. 

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