François Hollande a donc commenté la première frappe aérienne française en Syrie menée hier contre Daesh. il l’a fait au siège des Nations-Unies à New York où se tient en ce moment l'assemblée générale de l'ONU. Avec un art du commentaire militaire qu'affectionne tout particulièrement le Président français.

Si j'étais djihadiste en Syrie, je serai rivé sur les déclarations de François Hollande. Comme c'est quelqu'un de poli, il annonce à l'avance les attaques militaires. C'est pratique. C'est comme cela qu'il y a trois semaines, il a révélé en conférence de presse que nos avions allaient survoler la Syrie pour trouver où l'Etat islamique se cache. Et voilà qu'hier, on apprend que la première frappe française sur Daesh a eu lieu. Il y a eu un communiqué de l'Elysée, alors que l'action était encore en cours. Le Président lui-même, depuis l'ONU, a ensuite donné des détails.

La France bombarde le groupe Etat islamique en Syrie
La France bombarde le groupe Etat islamique en Syrie © MaxPPP

Résultat, on sait tout de l'attaque : la zone, dans la vallée de l'Euphrate, le nombre de Rafales engagés, le combat a duré cinq heures. Nos avions sont partis de Jordanie et du Golfe persique A ce niveau, ce n'est plus de la communication, c'est de la sur-communication.

Les autres pays font tout le contraire . La Russie est en train d'aider Bachar el Assad. Elle envoie des instructeurs, du matériel, des avions. Mais au Kremlin, silence radio. Prenez, Eric et Catherine, le Royaume Uni. Un homme de l'Etat islamique a été abattu en Syrie par un drone anglais. C'était un Britannique. David Cameron a attendu deux semaines pour le faire savoir. Israël, qui attaque aussi, est muette. La France, elle, ne se cache pas. Ce qui présente un inconvénient : ça nous désigne comme cible pour tous les tarés du djihad.

On imagine que François Hollande a voulu envoyer un message à l'opinion publique française. Le message est clair : sa main ne tremble pas. Non, il n'est pas mou. Après, il y a surtout une raison diplomatique.

Pourquoi les avions français ont frappé hier, et pas il y a cinq jours? Parce qu'il fallait que la frappe coïncide avec l'assemblée générale des Nations Unies. Tous les grands de ce monde y sont.

Dans les couloirs, on parle de la Syrie. Il y a quatre puissances déterminantes pour trouver une solution : la Russie, l'Iran, les Etats-Unis et l'Arabie Saoudite. La France n'est plus dans la liste. Elle s'est isolée à cause de son refus de tout contact avec Bachar el Assad. Elle essaie maintenant de revenir dans le jeu : pour ça, elle a infléchi sa position et elle rappelle, par ses frappes, qu'il faut encore compter sur elle.

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