La lecture du projet de budget apporte une certitude : cela va être très très chaud en 2018 !

Par Etienne Gernelle

Il faut le lire attentivement : des micro-ajustements partout, des mini-compromis. Entre les lignes, on comprend qu'il va s'agir de haute voltige. Macron confiait depuis des mois que 2018 serait dure, très dure, beaucoup plus dure que 2017.

Pour quelle raison ? À cause de la collision entre les nouvelles de dépenses, les baisses d'impôts qui arrivent, et l'impérieuse nécessité de tenir le déficit, le tout avec ces économies qui sont forcément longues et difficiles à réaliser. Le chemin est très étroit et le risque est colossal. Parce qu'au moindre dérapage du déficit, Macron sera décrédibilisé en l'Europe.

Son ambitieux plaidoyer européen de mardi repose sur la vertu financière retrouvée de la France

Une rechute et son discours passera pour une énième promesse d'ivrogne. Certes la France respectera en 2017 ses engagements budgétaires pour la première fois depuis 2003. Mais une année ne suffit pas, et nombre des réactions prudentes ou sceptiques au discours de Macron en Allemagne ont été motivées par cela. Or le budget 2018 est tendu. Très tendu. Les dépenses publiques continuent d'augmenter, même si c'est beaucoup plus faiblement que durant les dernières années. Le déficit dit "structurel ", c'est à dire celui qui ne dépend pas de la conjoncture, ne baisse que de 0,1%, contre 0,5 % réclamés par la Commission européenne. Tout reposera sur donc l'exécution.

On appelle cela la radinerie d'Etat. Il s'agit d'être pingre au quotidien. Ou rigoureux, si vous voulez. C'est en partie avec cette méthode que Thierry Breton, lorsqu'il était ministre des finances, en 2005-2007, a réussi à faire baisser la dette par rapport au PIB.

C'est dur, douloureux et fatigant. Mais c'est aussi le moyen d'échapper à ce jeu des vases communicants budgétaires si bien décrit par Francis Blanche : " Je me sers de mon argent pour faire des économies, et je me sers de mes économies pour dépenser de l'argent"...

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