Par Nathalie Schuck

Marine Le Pen lors de son discours du 1er mai 2016
Marine Le Pen lors de son discours du 1er mai 2016 © Getty / François Pauletto

Plusieurs de mes sources prédisent à la présidente du FN une sacrée gueule de bois l'année prochaine.

Cela paraît très audacieux comme analyse. Ça va complètement à rebours de la petite musique qu'on entend depuis les attentats de cet été :

Elle engrange, Marine Le Pen, c'est pour ça qu'elle se tait, elle n'a rien à faire.

Eh bien je suis désolée, pour l'instant elle n'engrange pas, elle piétine ! Un conseiller de François Hollande avait fait ce pari devant moi avant l'été :

Les Français vont y réfléchir à deux fois avant de l'installer dans le PC Jupiter à l'Elysée.

Prenez le sondage Ipsos-Le Point de la semaine dernière : elle est à 25% de bonnes opinions, exactement comme en juin, pas un point de plus depuis les attentats. Début août, sondage Elabe-Les Echos : 26%, un point de plus, c'est tout, mais 5 de moins chez les électeurs FN, qui n'ont visiblement pas apprécié qu'elle se prononce cet été contre l'internement des personnes fichées S. Proposition reprise désormais par Nicolas Sarkozy, qui vient de la doubler sur sa droite en klaxonnant !

Et il y a d'autres nuages qui s'amoncellent à l'horizon... Le premier s'appelle Jean-Marie Le Pen, qui rumine sa vengeance. Il vient d'annoncer qu'il présenterait une soixantaine de candidats aux législatives contre les candidats FN. Ça n'a l'air de rien, mais si on sort sa calculette ça peut faire mal. Pour être au second tour aux législatives, il faut être dans les deux premiers ou faire 12,5% des électeurs inscrits.

Or, aux dernières législatives, le FN a fait 7,5% des inscrits avec l'abstention. Vous voyez le danger : les candidats dissidents de « papa » pourraient entraver le rêve de sa fille : obtenir enfin un groupe de 15 députés.

Et l'autre caillou dans sa chaussure, c'est Marion Maréchal-Le Pen. Pendant que Marine Le Pen stagne dans les sondages, Marion, elle, progresse ! Du coup, certains au FN commencent à se dire que l'avenir, c'est elle, et que 2017 sera peut-être la dernière candidature de sa tante. Une figure de la droite extrême me disait : « si Marine Le Pen perd cette présidentielle, ses électeurs se diront qu'elle est comme Georges Marchais qui a porté le Parti communiste à 30% et fait élire François Mitterrand. Il y aura des troubles au FN ». Or, un congrès du parti est prévu à l'automne 2017. Est-ce la nièce en profitera pour déclarer la guerre à la tante ? Ce serait la plus belle vengeance du « Menhir » Jean-Marie Le Pen.

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