Le PS sort (enfin) de l'ombre

Finie l'époque où le PS était inaudible. L'arrivée du nouveau premier secrétaire fait déjà sentir ses effets.

cambadélis favori pour prendre les rênes d'un ps en crise
cambadélis favori pour prendre les rênes d'un ps en crise © reuters

Il n'y a pas longtemps, à l'époque d'Harlem Désir, le PS réunissait son bureau national chaque semaine dans l'indifférence générale. Pas un journaliste à la sortie. Pas un camion de télévision. De leur côté, les socialistes séchaient allègrement ce rendez-vous. Tout cela est en train de changer. Le changement est d'ailleurs spectaculaire. Hier, pour le deuxième bureau national de l'ère Cambadélis, il y a avait tellement de journalistes devant les grilles de Solferino, que certains responsables, un peu surpris, n'osaient pas franchir, tout seuls, le mur de caméras. On n'avait pas vu pareille ébullition depuis deux ans.

On peut d'ores et déjà peut parler d'un effet Cambadélis. Le PS semble enfin revenir sur le devant de la scène, depuis l'arrivée de son nouveau premier secrétaire. C'est une bonne nouvelle pour l'exécutif, et elles sont rares. Le parti majoritaire redevient un lieu de débat interne. Où les rapports de force se jaugent. Hier, la direction du PS a voté, par 31 voix contre 15, le soutien au plan d'économies de 50 milliards. Ce résultat va fixer la ligne, ce mardi, pour la réunion du groupe socialiste à l'Assemblée nationale.

Cambadélis a bien joué. Il a avancé exceptionnellement le bureau national qui devait se tenir ce soir. Camba, comme on l'appelle, est un ancien dirigeant trostkyste. Il a aussi dirigé le syndical étudiant Unef-ID. Il connaît par coeur les jeux d'appareil politique. Il sait aussi verrouiller, mettre la pression sur les récalcitrants.

Cambadélis veut remettre de la discipline collective. Il a désigné une direction resserrée. Il a demandé à tous les secrétaires nationaux d'être plus solidaires. Il leur a aussi demandé de se rendre dans les fédérations pour aller au contact de la base. Il veut donner aux cadres du parti des objectifs en terme de recrutements d'adhérents. Il promet aussi des assises du socialisme à l'automne pour que les militants puissent dire leur mécontentement. Enfin, il a fait publier des tracts de façon massive - ça aussi ça avait disparu.

On peut lui faire confiance sur sa capacité à remettre la machine en route, à mieux faire travailler le PS avec le gouvernement et avec le parlement. Mais le problème, pour l'avenir, est ailleurs. Les sections locales du PS sont sous le choc des municipales ratées. Les militants sont paumés, déboussolés, écoeurés. Le risque pour est donc pour l'exécutif de se retrouver avec un parti à nouveau en ordre de marche, mais sans fantassins. Un appareil bien huilé, mais sans troupes pour le faire tourner. Et ça, pour 2017, ca va être un gros problème.

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