Questions ce matin sur la stratégie des centristes à deux ans de la présidentielle : comptent-ils pour quelque chose en France aujourd’hui ?

udi et modem vont officialiser leur rapprochement
udi et modem vont officialiser leur rapprochement © reuters

C’est tout le paradoxe du centrisme. On peut dire que son message politique imprègne entre un tiers et un quart du corps électoral, et pourtant il ne pèse que marginalement dans le jeu politique.

Et pourtant, ça n’empêche pas les grandes manœuvres entre le centre et la droite. Aujourd’hui, je vous le rappelle, le centre a donc deux têtes, avec le nouveau patron de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde, et l’inusable François Bayrou qui dirige le MoDem.

Un centre droit allié à l’UMP et un centre autonome ? Si seulement c’était aussi simple...

N’allez pas chercher à comprendre pourquoi, mais finalement, c’est le MoDem de François Bayrou qui s’entend le mieux avec l’UMP sur le terrain en ce moment. Bayrou a même déclaré qu’il fallait préférer « le rassemblement » à la compétition électorale pour les prochaines élections régionales ! Le monde à l’envers. Et pendant ce temps-là, l’UDI négocie ferme pour obtenir des têtes de listes aux régionales en Normandie et dans le Centre. Il les obtiendra, d’ailleurs.

Mais derrière ces mini-positionnements des uns et des autres, la question qui sous-tend les stratégies de chacu, c'est de savoir s’il faut ou non participer aux primaires de la droite.

François Bayrou a dit qu’il soutiendrait Alain Juppé. En revanche, à l’UDI, personne n'est d'accord sur rien, sauf qu'on s’attend à une candidature, ce qui arrangera Sarkozy. Mais hier, Jean-Christophe Lagarde a donné deux interviews en une journée, au Parisien-Aujourd’hui en France, et à l’Express pour dire que l’UDI ne sera pas « un parti croupion », et qu’il ne laissera personne annoncer prématurément la position de son parti.

La vérité, c’est que face au risque d’une qualification de Marine Le Pen au premier tour, les centristes ne peuvent pas jouer avec le feu. Ils doivent se résoudre à n’être qu’une force d’appoint et jouer le jeu des primaires. Fini les rêves de grandeur façon Bayrou en 2007.

Les plus réalistes savent que la grenouille ne peut pas se gonfler au niveau du bœuf. C’est Hervé Morin qui me confiait hier le mot de la fin : « On n’est pas capable de battre l’UMP mais ils ne peuvent pas gagner sans nous. Nous sommes marginaux, mais nécessaires ! »

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.