Le Premier ministre a présenté hier devant l’Assemblée nationale les modalités du plan de déconfinement. Une place particulière est reconnue aux préfets ?

Les préfets, leviers très macroniens du déconfinement
Les préfets, leviers très macroniens du déconfinement © AFP / BENOIT DURAND / HANS LUCAS

Ils sont même, Mathilde, la cheville ouvrière de ce plan. Le gouvernement et Emmanuel Macron veulent s’appuyer sur les élus locaux, pour mener à bien ce dé-confinement. Mais ce sont bien les préfets qui seront les maîtres d’ouvrage du grand chantier qui se profile. Le Premier ministre l’a spécifié une nouvelle fois, hier, c’est aux préfets, avec les maires, de décliner au niveau local la stratégie nationale. Les transports, les masques, la reprise des cours, l’isolement des malades… Ce sont eux les préfets sur le terrain qui piloteront les opérations. 

C’est une façon pour le chef de l’Etat de répondre à ceux qui lui reprochent de mépriser les territoires ? 

Effectivement. Mais c’est une réponse qui incarne bien le « en même temps » macronien. Les préfets sont bien ancrés localement mais ils sont aussi et surtout les bras séculiers de l’Etat sur le terrain. Ils sont l’incarnation d’une déconcentration et non d’une décentralisation. Il n’y aura donc pas de délégation de pouvoirs ou de compétences de l’Etat en faveur des maires. Mais une plus grande concertation entre le niveau national et le niveau local. Emmanuel Macron et Edouard Philippe ne cessent de l’affirmer : s’il faut prendre en compte les particularités des territoires cela ne se fera pas au prix d’une rupture de l’égalité entre Français. « La République, c'est offrir un cadre légal à tous », clame l'Elysée. Et une fois n’est pas coutume, l’exécutif est à l’unisson avec les élus locaux. L’Association des Maires de France plaide pour un «cadre national qui sécurise les maires », un « commandement unique car sinon on a des pertes en ligne. » 

Pourtant, les relations entre le chef de l’Etat et les préfets n’ont pas toujours été un long fleuve tranquille ? 

C’est vrai. Le très jupitérien Macron les avaient peut-être un peu trop ignorés. Et quelques « ténors » ont même perdu leur fauteuil. Comme l’ex préfet de police de Paris pour sa gestion des Gilets jaunes ou le préfet du Rhône, après l’attentat de la gare Saint Charles à Marseille. Mais, à la fin de l’an dernier, Emmanuel Macron a procédé à un grand renouvellement de ces hauts fonctionnaires. Pas pour des raisons politiques a-t-il assuré. Mais pour la bonne exécution de ses réformes, celle des retraites à l’époque. Mais pour résoudre au mieux la crise sanitaire, économique et sociale, aujourd’hui. 

L'équipe
  • Jannick AlimiJournaliste politique au Parisien Aujourd'hui en France
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