Dans un drôle de mimétisme, Socialistes comme Républicains ne veulent plus entendre parler de ce mode de sélection pour désigner leur candidat à la présidentielle.

Bulletin de votes pour les primaires socialistes en 2017
Bulletin de votes pour les primaires socialistes en 2017 © AFP / Martin Bertrand / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Le patron du PS Olivier Faure l’a dit clairement au Parisien hier, il en a ras-le-bol "du tout à l’égo", et de "ces combats au dernier sang contre ceux qui vous sont les plus proches". 

Il ne veut plus des primaires, et surtout pas d’une compétition commune aux socialistes et aux écolos. Selon lui, ce genre de sélection ne favorise pas l’émergence d’un projet commun qui est la condition d’une dynamique victorieuse. 

Les grandes primaires ouvertes, c’était pourtant une idée des socialistes ? 

Le PS en était même le pionnier en France. En 2011, la primaire ouverte proposée par Arnaud Montebourg, alors secrétaire national du parti socialiste en charge de la rénovation, avait suscité un grand engouement. 

Au second tour, le 28 septembre 2011, 2,9 millions de personnes s’étaient déplacées pour départager François Hollande et Martine Aubry. Pendant cette primaire, les ténors de l’UMP enrageaient, furieux de se faire ainsi voler la vedette alors que le quinquennat de Nicolas Sarkozy brûlait ses derniers feux. 

Certains préparaient déjà leur revanche : une primaire de la droite et du centre, pour désigner le futur adversaire de François Hollande, en 2017. Celle-ci fut un plus grand succès encore : 4,4 millions de personnes mobilisées pour la désignation de François Fillon. 

Mais quatre ans plus tard, à droite, hormis le sénateur Bruno Retailleau, proche de ce même François Fillon, il ne se trouve plus grand monde pour défendre ce système de sélection. 

Pourquoi les primaires n’ont-elles plus la côte ? 

Parce qu’une fois dépassés l’attrait de la nouveauté et la volupté qu’éprouvent des candidats parfois inconnus à se retrouver ainsi sous les projecteurs, ce mécanisme apparaît pour ce qu’il est : une machine infernale. 

Elle rétracte les partis autour du noyau le plus dur de leur électorat. François Bayrou s’en était d’ailleurs inquiété auprès de son ami Juppé. Mais aussi, paradoxalement, elle éloigne les classes populaires qui, les études le montrent, délaissent ce type de scrutin. 

Cette compétition interne accentue aussi artificiellement les différences entre candidats, jusqu’à les transformer en divergences majeures. Droite comme gauche ne veulent plus de primaires car la division est un luxe qu’elles ne peuvent plus se permettre. 

Parce que leur premier défi est de tenter justement de rebâtir une cohérence idéologique face à Emmanuel Macron. 

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