raffarin pour rediscuter des primaires ump si un candidat perce
raffarin pour rediscuter des primaires ump si un candidat perce © reuters

Nous ne sommes qu’en 2014, mais, avec le quinquennat, la présidentielle ne quitte jamais la tête de nos dirigeants. C’est le problème de la personnalisation à outrance de la vie politique. Il ne faut pas seulement un candidat pour défendre un programme. Il faut un homme -en général- pour « incarner » des idées.

Par exemple, à l’UMP, ils ont un sérieux problème d’incarnation. Entre Jean-François Copé qui ne remonte pas la pente, François Fillon qui se cherche, et perd un peu tout le monde, Nicolas Sarkozy, l’omniprésent-absent, et tous les autres, difficile d’avoir une idée de ce qu’ils feraient s’ils revenaient au pouvoir. C’est embêtant.

La solution pourrait être la fameuse primaire, en 2016, sauf que ce n’est pas si simple. Car Nicolas Sarkozy a envie de revenir, mais il n’a pas du tout envie d’affronter, au hasard Xavier Bertrand ou Bruno Lemaire, pour être désigné candidat. Il veut revenir en héros sur des ruines. En sauveur. Etre une évidence. Son plan est clair : « Je poserai mon hélicoptère dans la plaine et quand j’en sortirai, je dirai qui m’aime me suive ». C’est ce qu’il a dit selon le Canard enchaîné .

Son problème, c’est que les sympathisants de droite, même s’il reste leur préféré, ont envie d’une primaire, à 68 % selon un sondage BVA-I> Télé de vendredi.

Pourquoi ? Parce qu’ils ont vu le Parti socialiste faire ! En 2011, le PS a innové en organisant une primaire ouverte. Tout le monde, pas seulement les militants, pouvaient voter. Souvenez-vous, entre les six candidats, il y a eu des débats très suivis à la télé, qui portaient sur des questions de fond. Près de 3 millions de personnes ont voté pour François Hollande. Cela lui a offert une vraie dynamique. L’UMP n’a pas cette culture du débat, mais on voit bien qu’être dans l’opposition libère la parole, et que finalement, l’affrontement pourra y être aussi intéressant.

Au PS, François Hollande devra-t-il, lui aussi, de nouveau se prêter au jeu ? Il y a peu de chance, surtout depuis la révision constitutionnelle de 2008 : l’exercice de la fonction est limité à deux mandats non renouvelables. Mais, le débat va forcément arriver sur la table. La sénatrice de l’Essonne Marie-Noëlle Lienemann, à la gauche du PS, m’a dit récemment que si François Hollande ne remplissait pas ses promesses, elle réclamerait une primaire.

Et puis une autre question se pose en coulisse. Elle concerne Manuel Valls. Le ministre de l’Intérieur va tellement vite que dans l’entourage de François Hollande, on se demande s’il n’a pas envie de tenter sa chance en 2017. Et c’est suffisamment crédible pour que François Hollande lui-même prenne la peine d’en parler très sérieusement.

Dans un livre qui vient de sortir chez Grasset, Jusqu’ici tout va mal , écrit par Cécile Amar, le Président dit : « Si je veux être candidat, même s’il a de meilleur sondage, - il, c’est Manuel Valls -, on ne va pas faire une primaire face au président. » La suite est un peu alambiquée, mais très intéressante, puisque François Hollande ajoute : « Dans l’hypothèse où je ne veux pas être candidat, rien n’est écrit, tout candidat aurait intérêt à être adoubé par moi. »

Voilà, rien n’est écrit, donc.

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