La situation dramatique au Venezuela divise. Il y a ceux qui soutiennent le régime actuel et ceux qui le condamnent. Ce genre de débat, concernant un pays d’Amérique latine, est un grand classique de la vie politique française.

En France, on adore se chamailler sur l’Amérique latine. C’est étonnant: c’est un espace géographique qui structure, comme aucun autre, la bataille idéologique. Et cela, depuis des décennies. 

Il y a eu bien sûr Cuba avec la révolution de Fidel Castro. Il y a eu les dictatures comme le Chili de Pinochet. La gauche s’est retrouvée, a grandi dans les années 70, autour de ces combats-là… 

Et puis, plus récemment, il y a le Venezuela de Hugo Chavez. Adulé par Jean-Luc Mélenchon qui soutient contre vents et marées son successeur, Nicolas Maduro. Malgré la répression, malgré l’état du pays. Des magasins vides. Plus de deux millions de personnes qui ont fui...

Emmanuel Macron a pris, lui, fait et cause pour l’opposition

Dans des proportions spectaculaires. Macron a par exemple adressé un ultimatum à Maduro. Il lui donne huit jours, et pas un de plus, pour organiser de nouvelles élections. Si ce n’est pas le cas, la France reconnaîtra comme président Juan Guaido. C’est l’actuel président de l’assemblée nationale, qui vient de s‘autoproclamer chef de l’Etat.

Il ne faut pas se tromper. En faisant cela, Emmanuel Macron fait de la politique intérieure. Il provoque Jean-Luc Mélenchon. Il le pousse à justifier un régime qui a fait 35 morts, ces derniers jours. Et il le met en porte à faux, puisque le même Mélenchon, en France, dénonce la répression du gouvernement contre les gilets jaunes. 

Pourtant ces pays ne sont pas au cœur de notre action diplomatique 

C’est tout le paradoxe. On a une bataille culturelle, qui est un héritage. Parce qu’aujourd’hui, nos gouvernants regardent ailleurs. Ils se déplacent surtout au proche ou au Moyen Orient. C’est là que sont les enjeux, les tensions internationales. 

Il est loin le temps, c’était en 1964, où le général de Gaulle avait fait une tournée triomphale dans dix pays d’Amérique latine. Il était allé partout: Équateur, Brésil, Colombie, Paraguay, etc. Cela avait duré un mois. 

Alors certes Emmanuel Macron est allé en Argentine, mais c’était pour le G20. François Hollande avait lui visité l’Argentine, le Pérou et l’Uruguay en trois jours.  

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