Réélu de justesse dans l’Essonne, l’ancien Premier ministre a finalement été autorisé à s’apparenter au groupe La République en Marche.

Manuel Valls a fini par être accepté par les marcheurs, le chef de l'Etat l'ayant neutralisé au préalable
Manuel Valls a fini par être accepté par les marcheurs, le chef de l'Etat l'ayant neutralisé au préalable © AFP / Thomas SAMSON

Par Renaud Dély.

Et la façon dont il a été traité suscite un certain malaise chez ses anciens camarades socialistes... Comme la précédente, et sûrement comme la prochaine, et quelques autres à venir, la semaine a été rude pour Manuel Valls. A l’Assemblée, il a fini par trouver asile, mais il a dû se résoudre à quitter le PS, un parti auquel il avait adhéré adolescent alors qu’il n’avait même pas encore été naturalisé Français. « Valls, c’est un vrai militant, me racontait il y a quelques jours un de ses anciens proches. Il a gravi tous les échelons du parti. Le PS, c’était sa maison… ». Et quitter sa maison, c’est jamais simple. Surtout quand personne d’autre, et surtout pas Emmanuel Macron, ne vous tend vraiment la main.

Valls avait pourtant appelé à voter pour lui dès le premier tour de la présidentielle. Il a fait preuve d’une sacrée dose d’humilité et pour lui, c’était pas facile. Valls s’est rendu en quelque sorte. Au passage, il a renié sa parole de soutenir le vainqueur de la primaire de la gauche, en l’occurrence Benoît Hamon et conforté son image de renégat. François de Rugy, qui a fait la même chose, est devenu président de l’Assemblée. La vie est mal faite... Pour Valls, c’est surtout à cause de Macron qu’elle est mal faite. Il faut dire qu’il l’a bien cherché. Au gouvernement, il surnommait Macron « microbe » et il s’appliquait à l’humilier. En septembre dernier, j’avais longuement rencontré Emmanuel Macron en tête à tête. C’était juste quelques jours après qu’il ait quitté Bercy. Je lui avais demandé pourquoi il avait décidé de claquer la porte du gouvernement Valls et je me souviens que Macron m’avait répondu : « Je n’avais pas le choix, le PM voulait me buter ! »

Pourtant, au moment où il aurait pu « buter » son rival, Macron l’a épargné. Il n’a pas présenté de candidat « marcheur » face à Valls aux législatives. Et il a fini par autoriser le groupe de députés macronistes à l’accueillir comme apparenté. En fait, le calcul du chef de l’Etat est machiavélique. Certains de ses proches, comme le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, jugeaient que le sort infligé à Valls était trop violent, trop injuste. Emmanuel Macron a fini par les écouter. Mais avant cela, il a isolé Valls. Il l’a coupé de tous ses ex-soutiens. La plupart ont été battus par des macronistes. Et ils en veulent à Valls de les avoir lâchés. Bref, comme me le disait un élu macroniste la semaine dernière, « Valls est devenu inoffensif »… Et pourtant, «en même temps », comme on dit à L’Elysée, on sait bien qu’en politique, on n’est jamais complètement mort…

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