C’est l’une des principales réformes du quinquennat celle du droit du travail. Elle nécessite l’engagement de tous les partenaires sociaux.

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron © AFP / Thomas SAMSON

Par Jannick Alimi.

Pour les convaincre, le président aura une méthode bien à lui. Il s’agit d’une méthode en trois temps : inflexibilité sur l’objectif, installation d’un rapport de forces, et enfin, prise de décision. Vous me direz : ça s’appelle de la négociation et donc, rien de nouveau sous le soleil… A deux réserves près. Tout d’abord, comme me confie un des fidèles du chef de l’Etat, « il ne s’agit plus seulement de négocier pour déboucher sur « la moins pire des solutions » mais, ce nouveau modus operandi se veut « gagnant-gagnant », c’est à dire que tous repartent avec le sentiment d’avoir engranger un gain certain. » Deuxièmement, cette « Macron touch » a vocation à s’appliquer à tous y compris les proches du président.

Avec le MODEM, Macron sait montrer les muscles

Emmanuel Macron a déjà expérimenté cette méthode avec François Bayrou, notamment. Au lendemain de la victoire à la présidentielle, le patron du Modem a menacé de rompre son mariage avec En Marche car, estimait-il, le président ne lui aurait pas concédé les quelque 120 investitures aux législatives promises par le candidat Macron. Après 24 heures de psychodrame, Bayrou, resté en contact téléphonique avec le chef de l’Etat, considère que l’affaire est close, sous entendu : Macron a plié. Sauf que quelques heures plus tard, Richard Ferrand, alors secrétaire général de La République En Marche, déclare, lui, que rien n’est tranché.

Au moment de la passation de pouvoirs à l’Elysée, on voit pourtant Bayrou donner l’accolade au président Macron. Alors que s’est-il passé ? Eh bien, Macron, fidèle à sa technique, a montré les muscles et mis Bayrou face à sa propre réalité : « Bayrou combien de divisions ? » Réponse : zéro, car 0 députés dans l’Assemblée sortante.

Pas de candidat République en marche ! dans le fief de Valls

Alors… le président négocie en position de force. Il accorde au Modem une soixantaine seulement de circos gagnables. Au passage il accepte aussi de faire rentrer au gouvernement le bras droit de Bayrou, Marielle de Sarnez… Idem avec Manuel Valls. L’ex premier ministre sollicite l’investiture de la République en Marche. Qu’on lui refuse. Mais, Valls, lâché par le PS, est seul. Là encore, En Marche négocie en position de force. Résultat : Valls fera campagne au nom de la « majorité présidentielle » mais en contrepartie En Marche accepte de ne pas investir de candidat dans le fief de Valls. Et tout le monde est content…

Pas aussi simple avec la réforme du droit du travail

Cela risque d’être moins simple pour la réforme du droit du travail. Mais là encore, Macron a quelques atouts. Un cadre de la CGT qui préfère garder l’anonymat m’explique. « Le président va appuyer là où ça fait mal. Avec nous, par exemple, il a commencé par nous faire comprendre que nous n’étions plus le premier syndicat dans les entreprises. Après, il aura les coudées franches pour lâcher du lest ici et là, sur la durée des négociations ou la hiérarchie des normes, mais sans mollir sur ses principes. » Même réflexion de la part d’un cadre du Medef. « Macron et Philippe nous ont assuré qu’ils ne transigeront pas sur la flexibilité. C’est un bon point pour les entreprises. Mais ils nous ont mis aussi devant nos responsabilités, à savoir d’embaucher et de former. » On le voit, tous ont bien compris les règles du jeu « Macron », à eux maintenant d’en démontrer l’efficacité.

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