(Par Nathalie Schuck)

Le 23 avril prochain, nous serons à un an, jour pour jour, de la présidentielle et le contexte terroriste va peser très lourd sur ce scrutin.

Ce sera peut-être la première élection présidentielle sous état d'urgence, puisqu'on ne sait pas quand cette situation exceptionnelle va s'arrêter. Le plan Vigipirate est activé non-stop depuis les attentats de 1995 !

Je ne vois pas, donc, comment la menace terroriste pourrait ne pas percuter la course à l'Élysée. C'est déjà le cas, puisqu'on assiste à une surenchère totalement délirante à droite depuis les attaques de Bruxelles. C'est Nicolas Dupont-Aignan qui veut expédier les djihadistes sur les îles Kerguelen. C'est Xavier Bertrand et Olivier Dassault qui regrettent la belle époque de la guillotine. Comme me disait un élu de droite : «La peine de mort, c'est sûr que ça va faire grave flipper les kamikazes !»

Ou NKM, qui réclame la perpétuité réelle pour les terroristes pour se faire mousser avant la primaire. On espérait des hommes et femmes d'État, on a des Donald Trump au petit pied !

Et maintenant, la droite et la gauche s'accusent mutuellement. C'est ce que j'appelle le «syndrome Molenbeek » . Le ministre de la Ville, Patrick Kanner, a fait des déclarations fracassantes ce weekend en estimant qu'une centaine de quartiers sont radicalisés en France et en accusant Nicolas Sarkozy ! La faute de l'ancien président ? Avoir traité les jeunes de banlieue, de « racaille » et supprimé des postes de policiers. La droite riposte et épingle les années Mitterrand et Jospin, qui auraient été celles de «l'angélisme » et de la «naïveté ». La vérité, c'est que ni la droite ni la gauche n'ont rien fait pour les quartiers, ou si peu ! Le seul à avoir bossé, c'est Jean-Louis Borloo.

Tout cela ressemble beaucoup à la présidentielle de 2002 qui s'était jouée sur la sécurité. Cette fois, en 2017, la menace terroriste va forcément peser. En 2002, Lionel Jospin avait commis l'erreur fatale d'avouer sa « naïveté » sur la délinquance, il avait été balayé au premier tour. François Hollande ne fera pas la même bêtise, il est sur une ligne sécuritaire. Enoff, le président explique qu'il ne veut pas que les Français lui reprochent de ne pas avoir tout fait pour les protéger. Il craint leur réaction s'il y a d'autres attaques. «Imaginez qu'il y en ait un troisième... », c'est ce qu'il dit. Tous les jours, il reçoit des notes qui lui expliquent que 2016 sera pire que 2015, que l'heure est aux professionnels du terrorisme. Il sait qu'il sera jugé là-dessus. Et si vous voulez mon avis, ça pèsera bien plus lourd que l'inversion de je ne sais quelle courbe !

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