Xavier Bertrand a déclaré cette semaine son intention de présenter sa candidature pour l'élection présidentielle de 2022. Et il n'a pas attendu les régionales pour le faire.

Xavier Bertrand
Xavier Bertrand © AFP / Idriss Bigou-Gilles / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Il a préféré précipiter les choses et se démarquer de tous les autres. Xavier Bertrand a fait savoir que oui, s’il était réélu dans son fief, il faudrait bel et bien compter sur lui sur la ligne de départ dans un an.

Et pas question d’entendre parler de primaire. Il souhaite revenir aux fondamentaux de la Ve République, c’est-à-dire provoquer une rencontre entre un homme et le peuple, sans passer par la case "sympathisants de droite" qui a coûté sa candidature à Nicolas Sarkozy en 2017… Cette fois, ce sont donc les quelque 6 millions d’habitants du Nord qui détermineront sa capacité à se présenter… Ou non… Devant les Français. Parce que s’il est battu, il sera contraint de renoncer.

Comment se positionnent les autres prétendants chez LR ?

Eh bien il y a deux types de réaction. Il y a d’abord ceux qui sont très contents de voir Xavier Bertrand se lancer, parce que pour l’instant, c’est lui - et lui seul - qui prend les coups au nom de toute la droite. Il va concentrer sur son nom toutes les attaques des macronistes. Au risque d’arriver déjà cramé lorsqu’il faudra s’élancer dans le sprint final. 

Et à ce moment-là, et bien ce sont les Laurent Wauquiez, les Valérie Pécresse et autres Bruno Retailleau, qui sortiront de leur tanière et se tiendront prêts à bondir pour disputer à Xavier Bertrand le flambeau de candidat de droite. Avec un espoir, toutefois, c’est que d’ici là, il n’ait pas pris suffisamment d’avance pour être devenu irrattrapable, et pour avoir tué le match.

Quel que soit le candidat, il faudra qu’il défende une ligne, en plus d’une incarnation

Et c’est là le principal défi pour la droite. Parce que depuis le début du quinquennat, Les Républicains sont en panne d’idée. Ils se sont fait voler leur positionnement sur le libéralisme économique, mais ils sentent bien qu’il y a un angle mort de la part d’Emmanuel Macron sur les questions régaliennes. Sauf qu’ils ne savent pas encore comment l’exploiter. 

Ils ont donc douze mois pour trouver la brèche, et pour s’y engouffrer. S’ils ne le font pas, le président aura beau jeu de les terrasser au scrutin de 2022. Et une nouvelle élimination dès le premier tour, de l’avis de tous les observateurs, ce serait le dernier clou sur le cercueil d’une droite déjà groggy, et presque à l’agonIl.

L'équipe