Par Marcelo Wesfreid

Julien Dray
Julien Dray © Getty / Jean-Luc Luyssen

Gros plan sur un personnage qui est aux avants postes auprès de François Hollande pour préparer sa candidature : c’est Julien Dray.

On l'a rencontré la semaine dernière, avec quelques journalistes. Il est impatient. Il veut que cette campagne, elle commence.

"J'ai tellement de baffes à donner". Voilà ce qu'il disait. Julien Dray, il aime la castagne. C'est un ancien leader trotskiste. Il adore la stratégie. Il peut passer des heures à parler de tactique. Son truc, c'est de monter des coups.

C'est lui qui a lancé SOS Racisme. C'est lui qui était derrière la candidature de Ségolène Royal en 2007. Il a énormément conseillé Emmanuel Macron aussi, avant de prendre ses distances. Et maintenant, donc, il conseille son ami Hollande. Pour cela, il passe beaucoup de temps à l'Elysée. C'est ce qu'on appelle un visiteur du soir.

Plus la situation est compliquée, et plus ça l'excite, Julien Dray. Essayer de trouver, imaginer un plan pour rebondir. C'est pour ça que Hollande aime bien le voir.

Ce qu'il vend à Hollande, c'est de faire une campagne commando. Avec une petite équipe. Plein de déplacements. Hollande n'est pas très sûr de lui, avec tout ce qui se passe en ce moment. Il lui dit d'arrêter de douter. Parce que la droite avec Fillon à sa tête, elle est bien plus facile à battre.

Son conseil, c'est que le président profite de la primaire pour se lancer. Il n'est pas du tout d'accord, j'en profite pour le souligner, avec ceux qui pensent que Hollande doit se présenter en dehors de la primaire pour éviter une humiliation - petite musique qu'on entend beaucoup autour du président...

En général, Hollande n'aime pas mélanger les genres. Il compartimente. Avec par exemple Stéphane Le Foll. Un autre grognard. La relation est exclusivement politique. Là, non. Dray a déjà passé des vacances avec Hollande. Par ailleurs, c'est un ami de Julie Gayet. On dit même que c'est lui qui aurait présenté les deux amoureux.

Dray a souvent fait la tête à Hollande. Et on le comprend. Quand Julien Dray a eu ses ennuis judiciaires, en 2009, François Hollande n'a pas passé un seul coup de fil pour le soutenir.

Alors, je lui ai demandé pourquoi il s'évertuait à aider quelqu'un qui l'avait laissé tomber. Julien Dray m'a répondu : « Parce que c'est le meilleur ». « Et par ailleurs, si je devais ne plus revoir tous les gens qui m'ont lâché, il faudrait que j'aille vivre sur une île déserte ». C'est beau, l'amitié en politique.

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