Fleur Pellerin
Fleur Pellerin © CC PS

Ce sont les vacances de la Toussaint, et certains d’entre vous se demandent peut-être quoi lire. Modiano par exemple ? C’est vrai, Fleur Pellerin, ministre de la Culture, ne nous y a pas vraiment encouragés en expliquant qu’elle n’avait jamais lu le nouveau Nobel.

C’est bête, au lieu de se jeter sur un Ken Follet, c’était l’occasion de faire découvrir un écrivain « made in France ».

D’accord, elle s’est trompée, mais est-ce que c’est si grave que cela ?

Bien sûr, on n’a pas envie de l’accabler. Cela peut nous arriver à tous.

Elle était dimanche sur Canal+, elle répondait à Maïtena Biraben qui lui demandait quel était son livre préféré de Modiano :

Au moins, elle n’a pas essayé de faire semblant, se réjouissent ses défenseurs.

On pourrait rappeler que d’autres ministres ont avoué leur ignorance. Par exemple Bruno Le Maire, à l’époque il était ministre de l’Agriculture :

D’accord, Le Maire s’est planté, lui aussi. Mais le cas Pellerin est un peu différent. Elle est chargée de la promotion de la culture française, elle doit si possible, l’incarner. Quand elle a appris que Patrick Modiano avait décroché le prix Nobel, pourquoi n’a-t-elle pas demandé un dossier de presse, envoyé chercher à la librairie du Palais Royal quelques romans de l’heureux élu ? Elle ne l’a pas fait, et elle a semblé donner raison à tous ceux qui, à l’étranger notamment, ont tourné en dérision ce nouveau Nobel si discret. «La ministre de la Culture partage le sentiment du reste du monde sur ce Nobel que personne ne connaît », a écrit la correspondante du Guardian à Paris.

Y-a-t-il de quoi fâcher le monde de la culture avec la gauche ?

Disons que Fleur Pellerin a utilisé son joker, car là aussi, il y a un divorce en cours. Le budget du ministère de la Culture était resté constant sous Sarkozy. Il a baissé de deux fois 2% en 2012 et 2013. Le dossier des intermittents a créé des tensions très fortes, et elle ne s’est pas encore montrée à une première d’une pièce de théâtre de peur de se faire siffler par les acteurs et les professionnels de la scène.

Manuel Valls n’a-t-il pas empêché des coupes supplémentaires dans le budget de la culture ? Il a décidé de le faire sanctuariser dès son arrivée à Matignon. En bon communiquant, il sait que la Culture est stratégique pour la gauche. Mais cela arrive un peu tard.

De son côté, François Hollande, vient d’en découvrir les charmes. Il se montre beaucoup plus dans les manifestations culturelles : ces derniers jours, on l’a vu à la Fiac, à l’inauguration du nouveau musée de Bernard Arnault, et hier encore, dans un atelier d’écriture.

Comme me confiait un conseiller de Hollande : « La culture, c’est consensuel, c’est de la création, c’est que du bonheur pour un président ». Jolie découverte, mais, elle aussi, un peu tardive.

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