On a beaucoup parlé du voyage d’Emmanuel Macron à Mayotte et la Réunion, la semaine dernière. Mais le président n’est pas le seul à se déplacer. Loin de là.

Emmanuel Macron sur l'île de la Grande Glorieuse (dans les Îles Éparses)
Emmanuel Macron sur l'île de la Grande Glorieuse (dans les Îles Éparses) © AFP / JACQUES WITT

Par exemple le premier ministre, Edouard Philippe. Il était ce week-end, lui, en Guadeloupe. Un aller-retour express, pour s’occuper des Sargasses, vous savez, ces algues qui pullulent. Qui font fuir les touristes. 

Prenez simplement la journée d’hier

On était lundi. Il y avait des ministres, absolument partout. Le ministre des Collectivités locales était dans le département de l’Eure, celui de l’Agriculture dans le Morbihan, la garde des Sceaux était au même moment dans les Landes, la ministre du Travail était, elle, dans le Nord, etc. 

Certains jours, ça ressemble au parcours du Tour de France. Avec, à chaque fois, le même cérémonial. Les voitures officielles, les motards, le préfet en grand uniforme, le centre-ville fermé au public et des gendarmes partout. 

A quoi servent-elles, ces visites ministérielles ?

En principe, elles servent à aller se rendre compte des problèmes, sur le terrain. Ou à témoigner de  son émotion. Comme l’avait fait Emmanuel Macron après le passage de l’ouragan Irma à Saint-Martin. Ça sert enfin à rassurer. Ou à tenter, du moins. Comme tous ces ministres qui ont filé à Rouen, après l’incendie de l’usine Lubryzol. 

Sauf que la ficelle de communication commence à être éculée, tellement il y a de visites. Et puis, c’est souvent les mêmes endroits qui sont choisis. 

La Seine-Saint-Denis détient d’ailleurs un record : vingt visites officielles par mois selon les chiffres de la préfecture. Il faut dire que c’est pratique. Vous y êtes en une demi-heure, vous faites la photo dans le 9-3 et puis retour le soir au ministère. 

Bref, ça ne fonctionne plus très bien, et même Emmanuel Macron s’en plaint

Il appelle ça, lui, les visites « Potemkine ». C’est-à-dire des déplacements où l’on vous montre une réalité enjolivée, où tout va bien. Parce que le préfet ou le maire veulent vous montrer leurs réussites : une entreprise qui réinsère avec succès des chômeurs, une start-up qui cartonne, une barre d’immeuble entièrement refaite.  

On visite, au final, une bulle. L’inverse de ce qu’on était venu voir.  

Pour avoir un vrai contact avec la population, les politiques commencent à changer de format. Ça a donné l’itinérance mémorielle, l’an dernier. Ça donne les permanences de ministres, qui viennent dans une ville et reçoivent les gens. Ça donne surtout le grand débat, qui restera la grande innovation politique des années Macron. 

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Figaro, en charge du suivi de l'exécutif.
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.