(Par Jonathan Bouchet-Petersen, journaliste au service politique deLibération)

Anne Hidalgo, la maire de Paris, est une femme qui monte à gauche, loin des ministères.

anne hidalgo, maire de paris
anne hidalgo, maire de paris © reuters

Effectivement, Anne Hidalgo n’est pas ministre. D'ailleurs c'est peut-être sa chance, tant l'exécutif comme le gouvernement restent largement impopulaires.

En tant que maire de la capitale, Hidalgo dispose, elle, d'une jolie tribune - on l'a encore vu dimanche avec la Journée Sans Voiture - et d'une liberté de ton quasi totale. Il faut dire qu'elle est une des rares à ne pas craindre 2017, bien installée à Paris où elle est élue jusqu’en 2020.

Un ministre considère même qu'en cas de défaite de la gauche en 2017, «seules deux personnes seront institutionnellement en position: Anne Hidalgo dans un poste à responsabilité et Pierre Moscovici [qui est commissaire européen] dans un poste à visibilité.»

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Le même ministre observe que la maire de Paris occupe un espace politique clairement à gauche et d'après lui c'est «plutôt malin».

On entend régulièrement Anne Hidalgo batailler à gauche

Depuis sa Mairie de Paris, jouant plus souvent la frondeuse que l'avocate du hollandisme en échec, Hidalgo ne loupe en effet pas une occasion de monter au créneau, quitte à provoquer un clash :

  • avec Royal pour l'instauration de la circulation alternée en période de pollution ;
  • avec Macron, et ce n'est pas fini, contre le travail du dimanche, un dossier sur lequel elle reproche au ministre de l'Economie de l'avoir «maltraitée» ... elle continue d’ailleurs à snober, et à le faire savoir, les invitations au dialogue que Macron lui lance ;
  • même avec François Hollande sur le dossier des JO de 2024, la maire de Paris n'a pas hésité à faire entendre sa voix, avant d'en rabattre.

Est ce qu’il existe une méthode Hidalgo ?

Hidalgo parle souvent cash... Pour défendre ses Parisiens ou au nom de la gauche des valeurs en héritière de Martine Aubry... Pour les régionales, elle prône par exemple beaucoup plus clairement que Manuel Valls le retrait du PS en cas de possible victoire du FN.

Une de ses anciennes adjointes devenue ministre décrit la méthode Hidalgo : «Elle veut imposer sa ville face au gouvernement. Elle est parfois un peu dure avec nous, mais tout le monde sait que Paris donne une très bonne visibilité. Et Anne a de l'étoffe » .

L'étoffe pour un parcours à la Delanoë, deux fois maires mais jamais ministre, ou carrément à la Chirac, dont la longue marche pour l'Élysée a commencé à la Mairie de Paris ?

Et si en 2022, pour la présidentielle, le match au PS se jouait entre l’andalouse Anne Hidalgo et le catalan Manuel Valls ?

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