Ils sont chaque jour plus nombreux. Hier, c’était au tour de Rachida Dati. Si vous l’avez ratée, c’était dans le quotidien britannique The Times. Interrogée sur ses projets pour les deux ans à venir, l’ancienne garde des Sceaux répond du tac au tac : « Gagner l’élection présidentielle de 2022 ! »

Trop de candidats à la présidentielle ?
Trop de candidats à la présidentielle ? © Getty / Vadym Sarakhan / EyeEm

Et elle en rajoute sur Twitter en expliquant : "Ce combat, je le porterai." (Notez que le verbe "porter" est au futur et non au conditionnel.

Rachida Dati n’est pas un cas isolé. 

A gauche, l’ancien secrétaire national du PS Jean-Christophe Cambadélis avance aussi ses pions. Cela n’a pas eu le même retentissement que la petite phrase de Rachida Dati mais il y a dix jours, il tout de même déclaré : "La présidentielle m’intéresse, oui, elle m’intéresse vraiment".

On pourrait ajouter à la liste des personnalités aussi diverses que :

  • Xavier Bertrand
  • Jean-Frédéric Poisson, président du parti Chrétien démocrate 
  • Nicolas Dupont-Aignan
  • François Hollande qui a avoué au début du mois travailler sur le projet présidentiel pour 2022. 
  • Sans oublier Anne Hidalgo. Elle vient d’affirmer qu’elle prendra toute sa part dans la bataille qui s’annonce. 

Mais ils ne seront pas tous sur la ligne de départ

Deux phénomènes se conjuguent et provoquent cet encombrement. D’abord nous entrons dans l’automne d’avant l’année présidentielle. Toutes les hypothèses sont encore envisageables, donc cela ne coûte pas cher comme dirait Nicolas Sarkozy de se promener un peu dans la pré-campagne et d’attirer les micros.  

Ensuite, le surgissement d’Emmanuel Macron en 2017 et la désintégration du paysage politique obligent à considérer toutes les éventualités.

Pourquoi Rachida Dati qui se targue d’incarner une droite populaire bien qu’elle soit maire du très chic 7e arrondissement de Paris ne pourrait pas être candidate ? Après sa bonne campagne pour l’Hôtel de ville, il faut prendre sa déclaration en considération.

Ce n’est donc pas seulement une façon d’exister ? 

Si bien sur. Mais une déclaration peut aussi parfois servir à faire pression. 

Si Jean-Christophe Cambadélis sort du bois, c’est parce que selon lui, son successeur à la tête du PS Olivier Faure a baissé les bras en envisageant de se ranger derrière les écolos pour la présidentielle, et ça "Camba" ne veut pas en entendre parler.

Quant à Rachida Dati, un de ses proches m’a confié qu’elle veut montrer que son parti n’est pas mort, ou enfin pas totalement, alors que la candidature Baroin est sur le point de faire pschitt et que Christian Estrosi propose aux LR de passer un accord avec Macron. 

Ces candidatures sont à prendre pour ce qu’elles sont : un moyen de tenir ses positions bien plus que de défendre de véritables propositions. 

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