Par Marcelo Wesfreid

Pour la primaire à gauche, outre les Montebourg et Hamon, il y a aussi des candidats dont on parle très peu. C'est le cas de Gérard Filoche. Et pourtant, il dit avoir son plan pour percer.

Quand je l'ai appelé, hier, il était en train d'écrire un texte. Une sorte de lettre ouverte. Il avait choisi comme titre : « Il est encore possible que ce (ne) soit pas foutu ». Il parlait de la primaire.

Ce style, c'est du pur Gérard Filoche. C'est brut de décoffrage. Dans les congrès du PS, il fait un toujours un carton. Il s'enflamme dans ses discours. Des discours à gauche toute...

Gérard Filoche, il a un vécu : il a été conducteur de train, facteur, prof, inspecteur du travail. Il a fait mai 68, il a milité à la LCR. Puis, il est entré au PS... sauf qu'il n'est pas devenu un social démocrate bon teint, comme tant d'autres.

La preuve? A 70 ans, il se lance avec ce slogan, bizzaroïde : « 1800-32-60-20-5 »

1800 parce qu'il veut le SMIC à 1800 euros, 32 pour la semaine de 32 heures, 60 c'est la retraite à 60 ans, 20 parce qu'aucun salaire ne doit dépassé 20 fois le SMIC et 5 parce qu'il ne faut pas plus de 5% de CDD dans les entreprises. Filoche, il a sorti un bouquin contre la loi El Khomri. Il est en guerre contre Hollande. Il pense que même une « chèvre, c'est ce qu'il dit, peut être élue » contre le président.

Je ne sais pas si c'est une chèvre, mais il est candidat à la primaire du PS, et même à la primaire de toute la gauche. Car son dada, c'est de convaincre les communistes et les écolos de renoncer à leurs investitures, dans leur coin, pour participer à une grande primaire avec le PS. Son argument : Venez. Dans une primaire très large, Hollande n'a aucune chance.

Il fait campagne avec des petits moyens. Il a un blog. Il va de débats en débats. La semaine prochaine, il sera à la fête de l'Humanité, et puis chez les frondeurs à la Rochelle. Il doit marquer des points face aux autres figures de l'aile gauche : Marie Noëlle Lieneman, Benoit Hamon et Montebourg....

Son point faible, c'est les élus. On ne connaît pas encore les conditions pour être officiellement candidat à la primaire du PS. Mais il faudra des parlementaires. Il sera très court en parrainages.

L'intéressé ne se démonte pas. « S'ils veulent m'écarter, ils le pourront... mais je ne me laisserai pas faire », dit Filoche. On peut le croire.

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