Depuis le début du quinquennat, les reproches ne manquent pas contre les députés LREM: on les accuse d’être inexpérimentés, d’être déconnectés, d’être godillots. Mais là où il y a toujours eu une constance dans ce groupe, c’est dans sa capacité à trouver quelqu’un pour créer une polémique.

La dernière en date, c’est Agnès Thill, l’élue de l’Oise, qui s’est illustrée par la manière dont elle a exprimé son opposition farouche à la PMA, puis par ses propos malheureux sur l’homosexualité du secrétaire d’État Gabriel Attal.  Résultat, Stanislas Guérini l’a annoncé hier sur France Inter, elle sera bientôt convoquée par la commission des conflits du parti. Elle l’avait déjà été une première fois fin février, mais cette fois son exclusion ne fait guère de doute.   

Que faut-il déduire de ce départ ? 

A priori le cas d’Agnès Thill illustre plutôt les limites des investitures « par internet » voulues par Emmanuel Macron en 2017.  Car Agnès Thill n’est ni la seule ni la première à ne pas avoir su respecter une certaine décence dans l’exercice de ses fonctions parlementaire.  Avant elle, le cas le plus marquant, c’est celui de Joachim Son-Forget, le député des Français de l’étranger.

Et puis, un peu plus tôt dans la législature, c’était M’Jid El Guerrab qui avait fait parler de lui en frappant à coups de casque un socialiste avec qui il avait eu un différend dans la rue. 

Le tableau n'est pas très glorieux  

Quand on vous entend revenir ainsi sur ces départs successifs, on s’aperçoit qu’il y en a quand même eu beaucoup. Au lendemain des législatives, il faut se rappeler que les bancs de La République en marche ils comptaient 313 députés à l’Assemblée… Et que bientôt, après l’exclusion d’Agnès Thill, ils n’en compteront « plus que » 305.  Alors certes la majorité absolue est loin d’être remise en question, d’autant qu’il reste le réservoir du MoDem. 

Mais il n’empêche, depuis le début du quinquennat, on compte environ un départ tous les trois mois au sein du groupe macroniste. Cette tendance elle est regardée de près par l’état-major de LREM. À tel point que pour s’éviter de nouveaux ratés en 2022, le parti a déjà tranché pour renouveler un tiers de ses investitures. Reste à savoir lesquelles…

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