Au sujet du pari raté du Chef de l’Etat sur le chômage: les hommes politiques peuvent-ils encore faire bouger les lignes ?

Vous le savez, François Hollande va présenter demain soir ses vœux aux Français, qui auront la tête dans les petits fours du réveillon. Le Président a un message à faire passer : il veut leur montrer qu'il est encore capable de « changer la vie », comme disait François Mitterrand. Capable de réformer le pays, d'améliorer leur quotidien. Il a quelques bonnes nouvelles à annoncer.

Je pense à l'accord européen sur la directive sur les travailleurs détachés, le fameux plombier polonais. Cet accord va protéger à terme des centaines de milliers d'emplois. Il y a aussi l'accord des partenaires sociaux sur la formation professionnelle, qui va faciliter la vie de millions de salariés. Le problème pour François Hollande, c'est qu'on a beaucoup plus parlé de son pari raté, en tout cas pour l'instant, d'inverser la courbe du chômage. Et cet échec, même s'il est relatif, risque d'alimenter le sentiment que les politiques sont impuissants face à l'Europe, face aux marchés, face aux plans sociaux. Vous connaissez le député du MoDem Jean Lassalle, qui a marché 6 000kms à la rencontre des Français ? Il était il y a quelques jours sur Canal + pour raconter son périple et voilà ce que les Français lui ont dit:

Jean Lassalle a raison, ce sentiment de rejet, d'impuissance, on le mesure sondage après sondage. Selon l'Ifop, 74% des Français, les trois-quarts donc, pensent que l'UMP et le FN ne feraient pas mieux s'ils étaient au pouvoir !

Jean Lassalle dans la Somme
Jean Lassalle dans la Somme © Maxppp

Ils ont l'impression que les politiques sont réduits à ce qu'on appelle « le ministère de la parole ». Prenez le geste de Nicolas Anelka, qui a fait une « quenelle », ce mix de bras d'honneur et de salut antisémite, en plein match de foot. Le gouvernement a condamné ce week-end une « provocation choquante ». Le souci, c'est qu'il n'a absolument aucun moyen concret pour le sanctionner.

Il y a deux hommes politiques au moins qui seraient épargnés par ce sentiment d'impuissance. D'ailleurs, on les compare souvent. Il s'agit de Manuel Valls et Nicolas Sarkozy. Ils ont un point commun. Ils ont tous les deux fait du volontarisme leur marque de fabrique. « Quand on veut, on peut ». Ça explique leur popularité. Et ça montre une chose : les Français, qui ont décapité leur roi il y a cent ans, restent tout de même un peu monarchistes. Ils veulent un chef. Et c'est toute l'ambition de François Hollande demain à la télévision : il espère bien montrer, en tant que Président, comme disait François Mitterrand, que « là où il y a une volonté, il y a un chemin ».

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