Pour Europe Ecologie Les Verts, les Européennes, ce sera une revanche sur la présidentielle où pour la première fois le parti n’avait pas présenté de candidat. Ils espèrent un score confortable, et ils veulent y aller seuls.

C’est leur choix, même s’ils insistent sur la présence de dizaines de représentants de la société civile sur leur liste. Mais Pas question pour les Verts, pro-européens de  combat, de s’unir avec La France Insoumise ou le PC pour le moins eurosceptiques. Plus surprenant, c’est un niet qu’Yves Jadot, tête de liste des Verts, a opposé au Parti socialiste malgré des terrains d’entente beaucoup plus nombreux. Niet aussi à Place Publique qui tente de faire une liste commune entre toutes les gauches « europhiles. » Alors que ce n’est ni un « niet » ni un « da » entre Benoît Hamon et Yannick Jadot puisque les deux  hommes ne se parlent plus  ou si peu. 

Mais pourquoi ce choix d’une traversée en solitaire ?

Avec Génération-s, le constat est sans appel. « Jadot s’était désisté pour Hamon à la présidentielle. Hamon, avec 6% des voix, n’a pas été à la hauteur. » Quant au PS ? Les raisons sont triples. Mathématiques, tout d’abord : Un + Un en politique font souventmoins de deux. Politiques, ensuite : « la crise des Gilets jaunes, c’est la défiance à l’encontre des politiques, analyse un membre du parti. Vous imaginez le message si les Verts et le PS se faisaient élire sur une même liste pour finalement se répartir au sein de groupes différents  au Parlement de Strasbourg ? Les raisons, enfin, peuvent être plus cyniques : « Ce n’est pas aux Verts de servir d’issue de secours au PS», sussure-t-on au siège à Montreuil. Pan sur le bec des petits canards socialistes que les sondages créditent d’à peine 5 ou 6% soit environ la moitié du score prêté aux Verts…

Mais que visent les Verts ?

Le parti n’a plus de député à l’Assemblée. Mais il dispose d’un réseau d’élus locaux qui lui permet de nourrir quelques ambitions pour les municipales. Mais pour la présidentielle, l’horizon est plus flou. Quel leader, quelle alliance et quel programme? Les Verts tentent d’expliquer qu’à côté des pôles nationaliste et libéral, un pôle écologiste est en train de trouver sa place.  Et c’est vrai que, malgré le rejet par les Gilets jaunes de la hausse de la fiscalité écologique, la lutte contre le réchauffement climatique a infusé partout sur l’échiquier politique. Les Verts ont certainement  remporté une victoire idéologique, mais politiquement, le succès se fait attendre. Désespérément.

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