La campagne de la primaire promet d’être meurtrière jusque dans l’intimité…

Par Renaud Dély

Cette campagne n’est pas encore entrée dans le vif du sujet qu’elle tourne déjà à la tragédie grecque. Figurez-vous qu’elle déchire jusqu’au coeur des familles. Et je ne parle pas là des familles politiques, mais des familles tout court… Et plus précisément, de la famille Chirac !

On le savait, Bernadette, « Bernie », « la Tortue » comme la surnomme Jacques Chirac, en pince pour Nicolas Sarkozy. L’idylle ne date pas d’hier. Bernadette Chirac s’est plus d’une fois mouillée pour son chouchou lors de campagnes électorales. En retour, un rien flagorneur, Nicolas Sarkozy avait pris soin il y a quelques années de dire que Bernadette était... sa « bonne fée » ! Rien que ça.

Il est vrai que l’ancien Président a toujours su y faire avec les vieilles dames, souvenez-vous de Liliane Betancourt qui a toujours eu pour lui les yeux de Chimène.

Bon, Bernadette Chirac n’est pas aussi généreuse mais elle a quand même répété cette semaine qu’à 83 ans, elle entendait bien reprendre du service et « travailler pour Nicolas Sarkozy » durant la campagne des primaires.

La période est violente, notre pays doit combattre la menace terroriste, et pour faire tout ça, il lui faut un homme, un vrai, un homme à poigne et Bernadette Chirac n’en voit qu’un : « Nicolas », bien sûr ! Et surtout pas ce poisson « froid » de Juppé qui « n’aime pas les gens et n’attire pas les électeurs», dit-elle…

Pourquoi déteste-t-elle à ce point Alain Juppé, c'est un mystère… Ou presque. Bernadette Chirac n’a jamais apprécié le maire de Bordeaux. Elle l’a toujours trouvé hautain, un rien condescendant et elle s’est souvent demandé ce que son mari pouvait bien trouver à celui qu’il appelait « le meilleur d’entre nous ». Mais cette aversion n’a fait que prendre de l’ampleur… à mesure que Jacques et Claude Chirac ont décidé d’afficher leur penchant pour ce même Juppé.

Il y a quelques mois, Jacques Chirac avait confié à son ami Jean-Louis Debré que s’il en avait encore la force, il prendrait volontiers un bureau au siège de campagne d’Alain Juppé pour faire la campagne de son ancien premier ministre. Et Claude Chirac s’applique à distiller à intervalles réguliers quelques confidences pour bien montrer que sa préférence n’avait pas changé.

Et ça, Bernadette ne le supporte pas. Il y a dix jours pourtant, Bernadette et Claude s’affichaient, complices, au vu du tout-Paris, devisant, une coupe de champagne à la main, avec le ban et l’arrière- banc de la Chiraquie. C’était à l’occasion de l’inauguration de l’exposition consacrée à Chirac au musée du quai Branly. Il faut dire que l’ancien Président, affaibli, n’était pas là pour attiser la rivalité entre la mère et la fille…

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