On a beaucoup parlé de la victoire à Lyon de l’écologiste Grégory Doucet. On en oublierait presque un autre événement historique : la fin de règne de Gérard Collomb.

Les larmes de Gérard Collomb qui perd la mairie de Lyon
Les larmes de Gérard Collomb qui perd la mairie de Lyon © AFP / PHILIPPE DESMAZES

Il a fallu attendre 23h30, dimanche soir, pour que Gérard Collomb sorte enfin de son silence. Il reçoit les journalistes dans son bureau ; un bureau qu’il va devoir quitter après vingt ans de pouvoir absolu. Il a les yeux rouges. Il vient de pleurer

Et on peut comprendre sa détresse. L’homme fort de Lyon a été atomisé par les écologistes. Il a été humilié jusque dans son propre arrondissement, où il est battu de 28 points par une candidate d’Europe écologie les Verts qui n’a pas trente ans…

C’est une fin de carrière brutale pour un homme qui aura beaucoup pesé sur la vie politique. Gérard Collomb a été un pilier du PS. Il a lancé beaucoup de figures comme Najat Vallaud-Belkacem. Il est le premier à la repérer. C’est aussi lui qui soutient en premier Emmanuel Macron. Dès 2015…

Il va beaucoup l’aider pendant la présidentielle…

Oui, sans Collomb, la fusée Macron n’aurait sans doute jamais décollé. Il lui met à disposition son carnet d’adresses, son réseau d’élus. C’est lui qui négocie l’alliance avec François Bayrou.

Le jour où son poulain arrive à l’Elysée, Gérard Collomb pleure de joie dans la salle des fêtes. Macron, qui a trente ans de moins, lui offre ensuite le poste clé de ministre de l’Intérieur. Collomb demande 48 heures pour réfléchir, car il a peur de s’éloigner de son fief.

Il finit par accepter la proposition de Macron. C’est le début des ennuis. Il laisse les clés de Lyon à ses fidèles, à la mairie comme à la métropole. Mais il a peur d’un putsch. Et puis, ses relations avec Macron se détériorent après l’affaire Benalla. La suite, on la connaît une démission fracassante en octobre 2018.

Que va faire Gérard Collomb, maintenant ?

On lui a demandé, pour le Figaro, il y a quelques jours et il nous a répondu : j’écrirai des livres, je donnerai des conférences. Tout cela montre qu’il ne se faisait pas d’illusion sur le fait qu’il allait être battu. Son camp était trop divisé et il avait le mandat de trop.

Mais ce qu’il n’avait pas anticipé, c’est l’ampleur de la claque. Il faut dire que son accord de dernière minute avec Laurent Wauquiez pour sauver les meubles a eu l’effet inverse. Cette manœuvre a amplifié le vote sanction.

A Lyon comme ailleurs, tout ce qui a ressemblé à des accords d’arrière-boutique a été violemment rejeté par les électeurs. C’est aussi cela que raconte la chute de la maison Collomb.

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Figaro, en charge du suivi de l'exécutif.
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