Manuel Valls est défié par la France Insoumise dans son fief de l’Essonne, mais aussi par des candidats fantaisistes comme Dieudonné et Francis Lalanne.

Manuel Valls souhaite mener une campagne à l'abri des caméras pour les législatives 2017
Manuel Valls souhaite mener une campagne à l'abri des caméras pour les législatives 2017 © AFP / PHILIPPE LOPEZ

Par Jean-Baptiste Daoulas.

Une bataille très médiatique, et pourtant l’ancien Premier ministre adopte la stratégie du blackout. Comme beaucoup de journalistes, j’ai demandé à pouvoir suivre Manuel Valls dans l’Essonne, dans sa circonscription d’Evry où il est en grande difficulté.

"On fait une campagne locale"

Mais un membre de son équipe m’a opposé un refus catégorique. Un vrai cri du coeur : “On fait une campagne locale, avec zéro-zéro-zéro-caméra, et zéro journalistes”. Au nombre de zéros employés dans la phrase, vous aurez noté que le but c’est surtout d’éviter que Manuel Valls ne soit entouré par une nuée de caméras dans les rues d’Evry. “Ça ne renvoie pas une bonne image”, se justifie le même conseiller. Mais les journalistes de radio et de presse écrite ont aussi droit au même tarif que les télévisions.

La stratégie de l’ancien Premier ministre, c’est de surjouer le rôle de l’élu local, proche des gens. Comme s’il fallait faire oublier les quatre ans et demi passés au gouvernement. Manuel Valls sait que les élections législatives, ce sont avant tout 577 scrutins locaux. Et il fait le calcul qu’il aurait beaucoup plus de voix à perdre qu’à gagner en répondant aux médias nationaux dans l’Essonne.

C’est un peu paradoxal, pourtant, de faire campagne tout en voulant rester discret

On a beau avoir dépassé l’âge, on a l’impression d’être embarqué dans une grande partie de cache-cache. Manuel Valls n’a pas d’agenda public. Sa campagne, il la fait surtout grâce à des réunions d’appartement en petit comité, organisées directement au domicile de ses partisans. Et quand il fait des apparitions publiques, on le découvre souvent a posteriori en regardant le compte Twitter où il poste des photos très maîtrisées de ses déplacements.

Pendant ce temps là, les adversaires de Manuel Valls eux, n’ont pas ces pudeurs de gazelles.

Hier soir, Jean-Luc Mélenchon est venu soutenir les candidats de la France insoumise à Evry : avec une dizaines de grosses enceintes, une grande estrade… bref, tout le contraire de la discrétion vallsiste. Le but, c’est de faire le plus de bruit possible, et de transformer l’élection en un grand référendum : pour ou contre Manuel Valls.

Que Manuel Valls le veuille ou non, l’intérêt des médias sur sa campagne ne faiblit pas. Et il faiblira d’autant moins qu’un sondage publié par LeJournal du Dimanche le donne au coude-à-coude avec sa concurrente de la France insoumise, Farida Amrani.

A force de se cacher, on prend le risque d’être traqué et de ne plus rien maîtriser

C’est ce qui est arrivé au premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis il y a deux semaines. Il voulait faire campagne discrètement dans le 19ème arrondissement de Paris. Mais une équipe de la Chaîne Parlementaire est venue lui poser des questions. Il n’a pas apprécié et leur a arraché leur micro. Moralité, l’image a tourné en boucle sur Internet. Niveau discrétion, on fait mieux.

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.