Emmanuel Macron va recevoir dans quelques jours un rapport sur la chasse. Le président entend simplifier la réglementation. Une réforme qui n’est pas sans arrières pensées…

Par Marcelo Wesfreid.

Il y a plus d’un million de personnes en France qui ont un permis de chasse. La plupart du temps d’ailleurs un permis départemental, qui est moins cher mais qui ne permet pas de sortir très loin. Le permis national coûte lui 400 euros. Ou plutôt coûtait, parce qu’il va baisser, ça y est, c’est officiel, sans doute à moins de 200 euros. Et ce n’est pas le seul cadeau que le président réserve aux chasseurs. 

Il veut revoir les règles qui précisent quelles espèces peuvent être abattues. Aujourd’hui, il y a des moratoires qui courent sur plusieurs années et qui interdisent qu’on touche à certains animaux. Macron propose qu’on fasse un point tous les ans avec les scientifiques et les ONG pour savoir où on en est, si l’espèce est en danger ou s’il elle prolifère. De leur côté, les chasseurs seront tenus de communiquer combien de sangliers ou de biches ils ont tué. Enfin, pour que tout cela fonctionne bien, le gouvernement veut créer une police de la chasse unique, qui s’appellerait la police de l’environnement. Voilà en tout cas les propositions qu’on va retrouver dans le rapport de Sébastien Lecornu, le secrétaire d’Etat à la Transition écologique. 

Macron se montre arrangeant avec les chasseurs pour combattre son étiquette de président des villes

La chasse, ça fait rural. Et puis, il n’y a pas relais d’opinion plus puissant que les fédérations départementales de chasseurs. Jusqu’à présent, elles étaient un vivier pour la droite et le Front National. Emmanuel Macron veut que sa réforme de la chasse aboutisse avant les européennes. Car à chaque scrutin, le sujet revient. Il alimente d’ailleurs un courant très eurosceptique. On se souvient il y a quelques années des listes chasse pêche nature et tradition, qui avait obtenu jusqu’à six députés européens : pas vraiment la ligne d’Emmanuel Macron...

Le pari du président va justement être de faire aimer l’Europe aux chasseurs. Gros pari. Et pour cela, il lui faut des résultats au niveau continental, ce qui est loin d’être le cas pour l’instant. Alors il a demandé à ses diplomates d’obtenir l’assouplissement des restrictions de chasse sur trois espèces : les oies cendrées, les cormorans et, pour parler de la pêche, sur le bar. 

C’est ce qu’on appelle la chasse aux voix..

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