Dans les réunions de la COP21 qui s’ouvre ce matin au Bourget, on ne va pas parler que du climat -loin de là.

Tout commence, de façon assez symbolique, par une minute de silence. Ensuite, il y a des réunions bilatérales officieuses – elles ont en réalité commencé dès hier – pour parler de CO2, mais de la Syrie.

La COP21, c'est une aubaine incroyable pour les diplomates. Vous avez 150 chefs d'Etat, pour des rendez-vous en coulisses, c'est parfait. Enfin, vous avez une quinzaine de délégations qui vont rester un peu plus longtemps que prévu. Le sommet se termine le 11 décembre. Elles resteront, elles, pour parler de la transition politique en Syrie. Avec ou sans Bachar-el-Assad. Avec quels groupes de l'opposition. C'est dans le cadre de ce qu'on appelle « le processus de Vienne ».

Est-ce que ça va se faire au détriment des discussions sur le réchauffement climatique ? Un diplomate m'a dit cette semaine : « Dans les réunions entre chefs d'Etat, on va parler de terrorisme d'abord. De climat ensuite ». Avec l'écologie, c'est, hélas, toujours la même histoire : on veut parler du long-terme mais on est rattrapé par le court-terme. Le terrorisme aujourd'hui. La crise financière, hier. Souvenez-vous. Nicolas Sarkozy, le Grenelle de l'environnement en mai 2008. Beaucoup d'annonces vite enterrées, jusqu'à son fameux : l'environnement, « ça suffit », trois ans plus tard.

Maintenant, si on revient à la COP21, est-ce que l'émotion mondiale après les attentats va pousser les grandes puissances à conclure un bel accord, à se montrer unies ? C'est en tout cas ce qui est espéré du côté des organisateurs...

François Hollande joue gros,parce qu'il avance sur les deux fronts en même temps.

François Hollande
François Hollande © IAN LANGSDON/EPA/MaxPPP

Il a fat le choix d'avancer sur les deux fronts et de lier les deux questions. Figurez-vous qu'on a publié, cette semaine dans l'Express , une interview du Président. Elle avait été réalisée, avant les attentats. Evidemment, avec l'actualité, on ne pouvait pas la publier telle quelle. Alors, on a demandé au Président s'il pouvait prendre quelques minutes, entre deux réunions de crise, pour compléter ses réponses. Il l'a fait. Et il a parlé de quoi ? De terrorisme et du climat. Du climat et du terrorisme. Je ne vous en cite qu'une seule : « La France veut être à la tête de la plus large coalition pour la vie ». Rendez-vous dans 10 jours pour savoir s'il n'a pas mis la barre trop haut.

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