Ministres, conseillers et députés socialistes n’ont plus qu’une seule obsession : connaître enfin la date à laquelle François Hollande annoncera sa candidature ou son retrait.

François Hollande lors d'une cérémonie militaire aux Invalides, le mardi 29 novembre 2016
François Hollande lors d'une cérémonie militaire aux Invalides, le mardi 29 novembre 2016 © AFP / Philippe Wojazer/Pool

Ils sont au bord de la crise de nerf, les socialistes ! Dans les ministères, les couloirs de l’Assemblée nationale, les bureaux du Parti Socialiste, et même à l’Elysée,ce sont les mêmes questions qui reviennent : quoi, où, comment ? Mais la question QUAND qui rend tout le monde dingo !

On le sait, le Président a jusqu’au 15 décembre, date de clôture des candidatures à la primaire, pour dire s’il brigue un deuxième mandat. Il reste donc quinze jours. Quinze jours qui sont scrutés à la loupe. Aujourd’hui, le président est à Prague. Vendredi et samedi, il sera à Abu Dabi. Cette semaine, il reste donc jeudi. Mais ce serait un peu curieux de dire aux Français : « je suis candidat », et puis, dès le lendemain, HOP, sauter dans un avion pour les Emirats ! Ce scénario, personne n’y croit !

Mais partir de dimanche, tout est possible ! Un indice : l’agenda du Président a été laissé très souple toute la semaine prochaine. Car si François Hollande est candidat, il enchaînera immédiatement médias et meetings.

Il faut faire vite : le 17 décembre, ce sont les vacances de Noël, les Français n’auront plus du tout la tête à la politique !

Ces jours-ci, je peux vous dire que l’Elysée est comme une citadelle assiégée. Les conseillers sont harcelés de questions. Il y en a un, l’ancien maire de Quimper, Bernard Poignant, vieil ami du président, qui m’a dit hier : « ça suffit, j’en ai assez ! » Il a annulé TOUS ses RV de la semaine ! Et il a décidé d’attendre, tout simplement… C’est sagesse !

S’il est candidat, on ne sait pas si François Hollande passera non plus par la primaire. Là encore, il les rend tous fous les socialistes. Parce qu’il entretient le flou, François Hollande ! Or, comme le disait la grand-mère de Martine Aubry, quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup.

Essayons de comprendre : il est tellement faible, le président, que sa candidature n’est plus naturelle, elle ne s’impose pas. D’où cette idée de primaire. Parce que s’il est candidat, le chef de l’Etat aura besoin de se RE-légitimer.

Mais il y a un HIC : le Président était faible… le voilà atomisé. A moins de 10% dans les intentions de vote. D’où cette question : si François Hollande se présentait contre Arnaud Montebourg dans une primaire, est-il sûr de la gagner ? Aujourd’hui, la réponse est NON ! Voilà pourquoi ses proches sont tous montés au créneau cette semaine pour tenter de débrancher la primaire.

Mais Hollande n’a sans doute plus le choix ! J’ai rencontré hier Benoit Hamon (aile gauche du PS). Je peux vous dire qu’il attend le président au tournant. Si Hollande boycotte la primaire, « ce serait le pompon », me disait Hamon ! Trêve de plaisanterie, ce serait l’implosion du PS !

Pourquoi ce suspense ? Certains proches jurent qu’il n’a pas pris sa décision, qu’il attendra le tout dernier moment ! Il veut rester maître des horloges.

C’est aussi une tactique, évidemment, un moyen d’user ses adversaires.

J’ai parlé hier avec un responsable socialiste, qui a inventé une fable pour résumer la stratégie présidentielle : le cobra et la mangouste.

Voilà comment il me l’a racontée… C’est un duel à mort. La mangouste tourne autour du cobra, pour l’attraper. Soudain, le cobra se fige. Il reste immobile. La mangouste le regarde, fascinée par cette immobilité… Mais c’est un piège ! D’un seul coup, le cobra plonge, pique et tue. Conclusion de ce responsable socialiste : le cobra, c’est Hollande, il joue de son inertie.

L’avenir nous dira si la stratégie est payante ! Ou si elle est mortifère !

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