La réforme des retraites pourrait bientôt faire son grand retour. C’est une petite phrase qui a été glissée par Bruno Le Maire au milieu d’une interview fleuve au Parisien ce week-end.

Le ministre de l’Économie y indique que l’État remboursera sa colossale dette Covid de 3 manières : le retour de la croissance, attendu l’année prochaine ; la maîtrise de nos dépenses de fonctionnement ; et enfin, des réformes structurelles comme celle des retraites, donc, qui doit être « la priorité absolue ». 

Alors il n’en fallait pas plus pour réveiller les vieux démons de tous ceux qui s’étaient opposés au texte l’année dernière. Et ça tombe bien, parce que c’était précisément le but de la démarche…

Le retour de la réforme des retraites, c’est une sorte de cautère économique sur une jambe de bois sécuritaire. Pour être clair, il n’a évidemment échappé à personne que l’exécutif est pris au piège de sa loi sur la sécurité globale. Que les manifestations ont été émaillées par des violences ce week-end, que le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin concentre toutes les critiques… Et donc qu’il y avait urgence à revenir aux fondamentaux, c’est-à-dire le réformisme économique. 

Qui est en fait le terrain sur lequel Emmanuel Macron est le plus à l’aise pour protéger les Français… Quitte à cliver, d’ailleurs ! Parce que l’annonce de Bruno Le Maire elle est loin d’être anodine… En ce sens qu’elle fait le lien entre la réforme des retraites et la question de la dette. En clair il laisse entendre qu’il y aura bien des mesures d’économie - donc un volet paramétrique - en plus des mesures universelles. Or, c’est précisément sur ce point que la tension s’était cristallisée à l’époque. Souvenez-vous, c’est ce l’on avait appelé le fameux « âge pivot », qui était ardemment défendu par Édouard Philippe, contre vents politiques et marées syndicales…

Pourquoi choisir d'en reparler aujourd'hui ?

Vous connaissez la fameuse phrase que l’on prête à Charles Pasqua ? « Quand on est emmerdé par une affaire, il faut susciter une affaire dans l’affaire », et ainsi de suite, « jusqu’à ce que personne n’y comprenne plus rien »… 

Eh bien là, l’exécutif fait la même chose avec les crises. Il crée une crise dans la crise, pour qu’elle serve d’écran de fumée et qu’elle permette de détourner l’attention. 

Le problème, c’est que les retraites, aujourd’hui, c’est un dossier qui relève du ministère du Travail. Et qu’Élisabeth Borne, sa priorité absolue, à elle, c’est de sortir de la crise sanitaire et de protéger les emplois… Le reste, on verra ça au prochain quinquennat… 

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