françois fillon exclut d'être candidat à la présidence de l'ump
françois fillon exclut d'être candidat à la présidence de l'ump © reuters

Les sénatoriales sont derrière nous. Maintenant c’est l’élection du président du sénat qui se joue entre Jean-Pierre Raffarin et Gérard Larcher. Et en coulisses Nicolas Sarkozy est bel et bien là. Et ce malgré son engagement de début septembre. Promis, juré a dit Nicolas Sarkozy à Gérard Larcher : il ne se mêlerait pas de la campagne sénatoriale et il ne prendrait pas position entre lui, ancien président du Sénat de 2008 à 2011 et son concurrent d’aujourd’hui Jean-Pierre Raffarin. Voilà pour la promesse : la réalité est toute autre. L’ancien président a clairement soutenu Raffarin contre le filloniste Larcher. Parce que c’est bien de cela dont il s’agit : Nicolas Sarkozy a en permanence dans son viseur François Fillon et dès qu’il peut s’opposer à lui, même indirectement il le fait. C’est le cas des sénatoriales.Est-il encore plus dur avec Fillon qu’avec Juppé ? Oui parce que Nicolas Sarkozy est convaincu – ou peut-être est-ce de la méthode Coué- qu’Alain Juppé ne tiendra pas jusqu’au bout. Il a d’ailleurs eu une phrase vacharde sur France 2 il y a huit jours. Ecoutez c’était au 20h00 de Laurent Delahousse :

Une caresse, un coup de griffe. « Je l’ai connu. J’avais 20 ans ». Sous-entendu il n’est plus tout jeune. Nicolas Sarkozy répète cette pique à l’envie.En revanche Sarkozy estime que François Fillon demeure un obstacle sur son chemin vers 2017. Empêcher l’élection de Gérard Larcher au Plateau, la présidence du Sénat et l’ancien chef de l’Etat en fera la preuve de son autorité sur l’UMP. En engrangeant le soutien de Jean-Pierre Raffarin, qui n’était jusque-là pas très tendre avec lui, Nicolas Sarkozy pense déjà avoir marqué un point. Si tant est que Jean-Pierre Raffarin est élu… On sera vite fixés puisque le groupe UMP départagera cet après-midi, dans une élection interne, les trois candidats – puisqu’il y a aussi Philippe Marini, sénateur de l’Oise. Les fillonistes pensent que l’activisme de Nicolas Sarkozy sera contreproductif avec des sénateurs n’aimant rien d’autre que d’être brusqué dans leur confortable fauteuil capitonné.François Fillon joue lui la contre-programmation : mercredi, le jour de l’élection du président, il annoncera ses mesures pour réduire le déficit budgétaire. Le projet contre les petites phrases. « Est-ce qu’il y a une seule personne qui pense que Fillon a progressé en 2 ans ? », interroge faussement Brice Hortefeux. Quant à Nicolas Sarkozy n’allez pas lui dire que François Fillon a quelque légitimité à être son successeur naturel après avoir été son Premier ministre 5 ans. Il vous répond en 2 temps : d’abord que s’il l’a laissé à Matignon c’est pour lui faire plaisir et que surtout « successeur naturel », ça n’existe pas. La formule l'agace au plus haut point. Lui a dû se battre pour succéder à Jacques Chirac en 2007 qui ne le portait pas dans son cœur, c’est le moins qu’on puisse dire, contrairement à Bernadette.Bref, la réconciliation Fillon-Sarkozy ce n’est pas pour demain. Et peut-être même pas pour le jour d'après.

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