Emmanuel Macron va présider l'hommage à Jacques Chirac ce matin. Cette disparition intervient à un moment tout particulier du quinquennat. Presque à la croisée des chemins politiques.

 Emmanuel Macron
Emmanuel Macron © AFP / Ludovic Marin

Nous ne sommes pas tout à fait à l’hémistiche du quinquennat, selon le terme précieux qu’utilise Emmanuel Macron. Mais certainement dans un « moment crucial » pour le président de la République comme le rappelait le magazine américain Time la semaine dernière. 

Comme un symbole, l’annonce de la mort de Jacques Chirac est intervenue simplement quelques heures avant le grand débat sur les retraites que le président de la République devait lancer à Rodez. Il a tout annulé. La discussion sur l’immigration prévue aujourd’hui à l’Assemblée a dû être décalée à la semaine prochaine. 

En fait, le quinquennat est suspendu juste à un moment où on allait y voir plus clair ? 

Ou pas ! En off, dans cette drôle d’ambiance, des ministres s’avouent tiraillés. Ils ont suivi Emmanuel Macron car il devait faire passer toutes les réformes que les libéraux de droite et de gauche jugeaient nécessaires pour le pays. 

Mais l’entrée dans leur atmosphère de la météorite gilets jaunes a tout bouleversé et ils ont peur justement du sur-place. Ils craignent tout bonnement qu’Emmanuel Macron se chiraquise…  

Cela n’a pas l’air d’être vraiment un compliment

La comparaison peut être flatteuse. Cela a été le cas au moment du G7 à Biarritz pour qualifier l’allant du président de la République sur la scène internationale.

Mais ce parallèle est avant tout dévastateur. On pense immédiatement à un Jacques Chirac croqué par Nicolas Sarkozy comme « un roi fainéant » et affichant un bien maigre bilan sur les questions intérieures. 

Le Chiraquisme pourrait pourtant inspirer Emmanuel Macron pour ce pour ce qu’il est vraiment : une mémoire, une expérience politique et parfois un instinct rare. 

En juin 2018, le milliardaire François Pinault avait lancé une alerte rouge au nom du clan des chiraquiens, en clamant qu’Emmanuel Macron je cite "ne comprenait pas les petites gens". La saillie avait été si mal accueillie en Macronie que le troisième homme le plus riche de France avait été contraint de se dédire. Sans que personne ne soit dupe. C’était cinq mois seulement avant le début de la révolte des gilets jaunes.

Ce week-end dans Paris Match, ce même François Pinault, proche de l’ancien président glissait cette épitaphe : 

Jacques Chirac ne voulait pas bousculer la France, c’est une dame fragile. Il faut la traiter avec déférence et précaution.

Avant d’ajouter que pour son ami :

Rien n’était plus important que de préserver la nation et sa cohésion.

Comme une nouvelle leçon à Emmanuel Macron. 

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