Marcelo Wesfeid était ce week-end à la Rochelle pour les universités d'été du PS. Le moins que l'on puisse dire, c’est que Manuel Valls n'a pas ménagé ses coups. Mais est-ce une bonne tactique ?

manuel valls tente de redonner un cap à des socialistes déboussolés
manuel valls tente de redonner un cap à des socialistes déboussolés © reuters

Hier, sur le quai de la gare Montparnasse, impossible de le louper. Valls est descendu du train. Il arrivait de la Rochelle. Il s'est mis à doubler tout le monde, tous les vacanciers. Il était sur le bord du quai. Avec ses bodyguards. C'était peut-être une façon de montrer à tous qu'il prend bien le train. Et pas le Falcon. Il avait eu le temps de se changer. A la Rochelle, le premier ministre a fini son discours trempé comme un boxeur. Un boxeur qui s'est payé tour à tour Juppé, Sarkozy, Lemaire, Fillon. Qui a taclé le FN. IQui a même envoyé des uppercuts à Emmanuel Macron, la star du gouvernement. Macron est jeune, brillant, populaire. Mais il a une faille, que le premier ministre – qui est un peu jaloux - adore rappeler en privé : c'est son manque d'expérience. « La politique , dit Valls, c'est un métier ». Critiquer les 35 heures à la veille de la Rochelle... est une faute de débutant.

Avoir de l'expérience pour Manuel Valls, cela consiste à savoir s'exprimer au bon moment. Et c'est savoir aussi esquiver les coups. Ce n'est pas simple, même quand vous avez un peu de bouteille. Regardez ce qui s'est passé samedi soir. Le Premier ministre est passé au dîner des militants à la Rochelle. Et là, le traquenard : il y a une centaine de jeunes socialistes qui se mettent à chanterl'Internationale . Et qui commencent à huer Manuel Valls. Il va au contact. Il essaie de leur parler. Ça ne marche pas. Au contraire, il doit partir. Il est furibard.

Mais le lendemain, il a préparé une revanche. Dans son discours, il leur fait la leçon. « On ne se siffle pas à gauche , dit Valls. Il n'y a qu'à droite que ça existe ». Il fait référence aux fameux sifflets contre Alain Juppé. Du coup, les jeunes qui faisaient les fiers à bras la veille, on ne les entendait plus.

Le Premier ministre ne peut tout de même pas passer son temps à se bagarrer comme sur un ring !

Valls pratique la boxe en politique. Mais aussi comme sport, dans la vraie vie. Il a un prof. Mais ce goût de la castagne a des limites. Dès qu'on aborde les sujets complexes. Dès qu'on sort de la politique politicienne. Aujourd'hui, le Premier ministre part à Calais. Sur la question des migrants, quand vous avez des milliers de réfugiés qui prennent des risques insensés parce que c'est la guerre chez eux, vous dites quoi à votre population qui voit arriver des migrants? Il faut trouver les bons mots, les bons équilibres. Allier l'humanitaire, le répressif. Accueillir, avoir une politique migratoire, harmoniser les règles européennes. Bref, retirer les gants de boxe et faire du sur-mesure.

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