Hollande en Arabie Saoudite
Hollande en Arabie Saoudite © AHMED YOSRI/EPA/MAXPPP / AHMED YOSRI/EPA/MAXPPP

François Hollande était pendant deux jours en Arabie Saoudite. Le Président a parlé de la Syrie et du Liban, mais aussi de contrats commerciaux. Il réserve d’ailleurs de plus en plus de temps dans son agenda à l'international... Un terrain où il n'est pas confronté aux mêmes problèmes qu'à Paris!

En effet, c'est une évolution frappante. Juste un rappel : avant d'arriver au pouvoir, Hollande c'était un responsable politique qui ne prenait jamais, ou presque, l'avion . Il quittait la France le moins possible. Son quotidien, c'était d'aller de villes en villes pour voir les militants socialistes. Eh bien, deux ans plus tard, c'est l'inverse. Le Président ne se déplace quasiment plus en province. Plus le moindre bain de foule. Ce qu'il préfère, c'est aller à l'étranger. Il a truffé son agenda de visites. On est au-delà d'un programme classique d'un chef d'Etat. Cet hiver, il a fait un déplacement par semaine. Il a même trouvé du temps, entre Noël et le Nouvel an, pour s'arrêter pendant deux jours en Arabie saoudite.

Comment expliquer cet engouement du chef de l’Etat pour l'international?

D'abord, il y a descrises internationales, qui nécessitent ces déplacements . Mais il ne faut pas négliger une autre raison :partir, c'est aussi -pour Holland- fuir son impopularité. On va le dire crument : vous avez moins de chances de vous faire siffler à Brasilia, qu'à Saint-Nazaire ou à Toulon. En termes d'images, ce n'est pas négligeable. Ensuite, Hollande s'est découvert une certaine aptitude dans les affaires internationales. Il est à l'aise avec les Grands de ce monde. Il est reconnu. Sur les dossiers chauds, il sait prendre des décisions rapides, tranchantes. Reprenons juste l'année 2013: il a déclenché une intervention éclair au Mali. Il était à deux doigts de vouloir bombarder la Syrie. Il intervient maintenant en Centrafrique.

En politique française, c'est l'opposé : il consulte, il attend, il tergiverse. C'est comme s'il y avait deux François Hollande.

Sur le fond, que peut-on dire du bilan de François Hollande à l'international?

En fait, il est très contrasté. Au Mali, il a clairement arrêté l'offensive islamiste. Mais en Syrie, la France s'est retrouvée très isolée. Elle a été lâchée par les Américains. Sur le dossier iranien, cela a été l'humiliation suprême : on a découvert que les Etats-Unis avaient négocié avec Téhéran pendant 6 mois, sans rien dire. Quant à la Centrafrique, cette opération devait être une intervention courte et facile. C'est ce qu'on nous assurait. L'Elysée explique maintenant que c'est plus compliqué, que la région est complexe, que le désarmement des milices, c'est long...

La diplomatie permet vraiment de faciliter certains contrats commerciaux.

D'ailleurs, Hollande a baptisé cela la « diplomatie économique » . C'est une autre évolution notable : plus le temps passe, et plus le Président joue les VRP de façon décomplexée, ce qu'au début il rechignait à faire. Il emmène maintenant avec lui dans les visites d'Etat entre 30 et 60 PDG dans son avion.

Hier, en Arabie Saoudite, il a rencontré des investisseurs locaux et leur a dit, sans tourner autour du pot : « Ce que vous souhaitez, nous pouvons vous le fournir ». Le message était clair : achetez, achetez français. Pour l'instant, il y a bien eu quelques petits contrats, mais rien de mirobolant. Mais Hollande ne se décourage pas. Il s'apprête à reprendre l'avion. Son programme l'ammène ces prochaines semaines au Pays-Bas, aux USA et sans doute en Turquie. Un vrai globe-trotter, le Corrézien.

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