Pour la dernière histoire politique de l'année, Arthur Berdah a jeté un ultime coup d’œil dans le rétro vers 2019...

Emmanuel Macron, président de la République
Emmanuel Macron, président de la République © AFP / Ludovic MARIN

Ce soir, à minuit, on change non seulement d’année (ça tout le monde le sait) mais on change aussi de décennie. Or vu de l’Élysée, je peux vous dire que les 12 derniers mois ont presque ressemblé à 12 ans tant l’actualité a été riche dans le pays. Il faut dire que les choses ont démarré très fort, hein, puisque dès le 15 janvier, Emmanuel Macron a inauguré une sorte d’objet politique encore non-identifié : j’ai nommé le "grand débat". C’était à Grand-Bourtheroulde, ça a duré presque 7 heures… Et c’était surtout le premier épisode d’une série qui s’est poursuivie durant tout le premier semestre de l’année. Soit au total 11 déplacements en région, 5 réceptions à l’Élysée, des milliers de maires rencontrés, une centaine d’heures de discussion au total… Et à la fin, un kit de sortie de crise potentiellement réutilisable dans n’importe quelle situation ! 

Alors ça, c’est pour l’événement « choisi », si l'on peut dire… Mais est-ce qu’il y en a qui ont été « subis » ? Oui, ben justement, souvenez-vous, ce grand débat : il était censé accoucher d’une grande allocution télévisée, le 15 avril, à 20 heures, pour faire des annonces et sortir de la crise des "gilets jaunes". On nous promettait qu’on allait voir ce qu’on allait voir, que plus rien ne serait jamais comme avant… Et, en effet, c’est ce qu’il s’est passé à la fin des fins. Mais pas à cause de l’allocution. Non, ce qui a marqué l’Histoire, ce 15 avril, ce sont les flammes. Les flammes qui ont ravagé Notre-Dame-de-Paris. Et forcément, pour un président de la République, vivre un tel événement c’est un drame national… Mais c’est aussi un moyen de laisser une trace. Et ça, Emmanuel Macron le sait. C’est pour ça, d’ailleurs, qu’il a immédiatement tenu à se rendre sur place. Mais surtout à fixer un calendrier plus qu’ambitieux pour la reconstruction de ce joyau millénaire, qu’il espère revoir sur pied d’ici… 2024.

Bon, il y a le grand débat, il y a Notre-Dame… 

Ça fait déjà beaucoup, mais ça n’est pas tout. Parce qu’il y a un autre monument national qui s’est éteint cette année… C’est Jacques Chirac. Et là encore, pour un président de la République, enterrer l’un de ses prédécesseurs c’est toujours un exercice certes très délicat… Mais surtout historique ! Le dernier à l’avoir fait, avant Emmanuel Macron, c’était Jacques Chirac, justement, qui avait rendu hommage à François Mitterrand. Et malgré la détestation entre les deux hommes, le chef de l’État avait su trouver les mots pour dire adieu dignement au socialiste. Au point que son discours reste, aujourd’hui encore, une référence dans le domaine. 

Alors, celui d’Emmanuel Macron, il n’a pas marqué les esprits par son contenu. Mais une chose est sûre, c’est qu’il fera date. Au moins comme le passage de témoin entre l’ancien… et le nouveau monde.

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