Un déjeuner est prévu aujourd’hui entre deux candidats à la présidentielle: le patron des Verts Yannick Jadot et Benoît Hamon.

Par Marcelo Wesfreid.

Les deux hommes vont envisager ce qu’ils peuvent faire de commun sur la route qui mène à l’Elysée. Le soir de sa victoire, Hamon a annoncé la couleur. "Je tends la main à Mélenchon et à Yannick Jadot."

Le seul qui l'ait vraiment saisie, pour l'instant, cette main, c'est le patron d'Europe Ecologie les Verts. Comment cela se concrétise? Hamon et Jadot ont prévu de déjeuner ensemble, tout à l'heure.

Ils auront des tas de choses à se dire. Car ils se connaissent bien. Ils ont le même âge: 49 ans. Les deux sont ou ont été député européen. Seule différence: l'un est plutôt un apparatchik: Hamon. L'autre vient de Greenpeace. Mais, ils sont à l'unisson sur les idées. Ou plutôt, si on est juste, disons que Hamon dans cette primaire a copié les idées des écologistes.

Prenez le revenu universel. C'est dans le programme de toujours des Verts. La réduction du temps de travail? Pareil. La légalisation du cannabis? Je n'en parle pas. Idem pour la lutte contre le diesel, contre les perturbateurs endocriniens, etc? Tout les points originaux du programme de Hamon. Chez Jadot, ils le disent: Benoît a gagné avec nos idées.

Même les équipes sont proches. L'ancienne directrice de campagne de Duflot, la féministe Caroline de Haas, a donné un coup de main, la semaine dernière sur la campagne de Hamon. Bref, on est à un moment clé. Ça peut converger. Il peut y avoir un front commun écolo-PS. Avec un accord sur le programme et un accord sur les circonscriptions. Mais pour cela, Jadot pose une condition: que Hamon, maintenant qu'il a gagné, ne mette pas de l'eau dans son vin, qu'il ne soit pas dans la synthèse, qu'il ne cherche pas à recoller les morceaux avec les Hollandais, les Vallsistes.

Or, la pression sera forte. Hamon a d'ailleurs rendez-vous aujourd'hui avec Hollande. Il a vu hier Cazeneuve. Et les deux lui demandent de défendre le bilan du quinquennat. Yves Jadot, au contraire, veut une clarification jusqu'au bout. On l'oublie un peu vite, mais c'est lui, Jadot qui a lancé avec Daniel Cohn Bendit, il y a exactement un an, l'idée d'une grande primaire de la gauche, très large, pour trancher les lignes politiques. Ça avait rapidement capoté. Et chaque parti, les écolos, le PS a finalement fait sa propre primaire.

Alors, si le déjeuner tout à l'heure se passe bien, eh bien, on pourra dire que c'était revanche de Yannick Jadot.

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