Le commissaire européen aux affaires économiques, le français Pierre Moscovici a encore deux ans de mandat devant lui, et déjà il pense à la suite.

Ecoutez, quand j’ai appris que Pierre Moscovici sortait un livre. J’ai sursauté. Quoi ? Encore, un livre ! C’est, notez-le bien, son 14 ème bouquin.    

Alors, de deux choses l’une. Soit Moscovici les fait écrire par d’autres, et à quoi bon écrire des livres ? Soit il les écrit lui-même, et dans ce cas, on est droit de se demander : à quel moment un commissaire européen chargé des affaires économiques et financières trouve le temps de noircir 300 pages?  

D’où cette critique de dilettantisme, qui colle d’ailleurs à la peau de Pierre Moscovici depuis toujours. Quand il était jeune ministre sous Jospin, on lui reprochait déjà, parce qu’il aimait sortir en boite.  Il n’y a pas longtemps, un journal allemand l’a qualifié de « roi des fainéants ». Ce qui est évidemment caricatural.    

Qu’est-ce qu’on dit de lui à Bruxelles ?   

Il s’est beaucoup mouillé sur le redressement de la Grèce. Il a aussi un dada : les paradis fiscaux. Il s’est battu pour qu’on ne touche pas à la liste noire des paradis fiscaux. Bon, il n’a pas vraiment obtenu gain de cause. Sur 17 pays blacklistés, il y en a 8 qui viennent d’être retirés comme le Panama. C’est une décision des ministres des finances de l’Union, et en Europe, la commission a le pouvoir que veulent bien lui donner les Etats.    

Alors, il dit quoi ce livre ? 

Moscovici raconte ses deux années comme ministre de l’Economie de François Hollande. Il raconte une scène savoureuse où Arnaud Montebourg débarque dans son bureau, s’installe dans un fauteuil et lui explique doctement que Hollande ne va pas se représenter, qu’il faut aider Valls à aller à Matignon, et qu’ensuite Montebourg battra Valls à la primaire.    

Mais il y a aussi un partie plus prospective. Moscovici pense à l’avenir. Et à son propre avenir. Il est assez lucide, Moscovici. Je le cite : « Est-ce que mon heure n’est pas passée, est-ce que j’ai encore un rôle à jouer ?» En fait, il a survécu, en étant à la Commission, à la vague dégagiste de 2017. Il va devoir revenir dans le jeu politique français, qui n’a plus rien à voir.       

En lisant le livre, on comprend que Moscovici aimerait bien être tête de liste aux européennes de 2019. On sait, par ailleurs, qu’il se verrait bien, après, à la tête de la commission ou du parlement européen. Ce qui est très improbable. Quoi qu’il en soit, il espère que la gauche va se reconstruire intellectuellement. Et ça mérite bien un autre livre, vous ne trouvez pas ?

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