Edouard Philippe est monté en première ligne, hier sur France 2, pour défendre Richard Ferrand. Et ce n’est pas anodin que ce soit le Premier ministre qui le fasse.

Edouard Philippe, Premier ministre
Edouard Philippe, Premier ministre © AFP / Thomas Samson

Par Marcelo Wesfreid.

C’est la première épreuve pour le gouvernement. Et on constate, à cette occasion, que la gestion de crise se fait désormais à Matignon, chez le Premier ministre, Edouard Philippe.

Cela se traduit de façon très concrète. Quand nous, journalistes, on appelle l’Elysée pour avoir des réactions de l’exécutif sur l’affaire Ferrand, on nous renvoie maintenant vers Matignon. Vous avez remarqué, d’ailleurs, qu’Emmanuel Macron ne s’est pas exprimé sur le cas Ferrand. Ce n’est pas un hasard. Le chef de l’Etat se met en retrait. Et tourne une page. Car sous Hollande, le président adorait commenter la vie gouvernementale. Quant à son conseiller en communication, Gaspard Gantzer, c’était un interlocuteur incontournable pour les journalistes.

On revient à un fonctionnement plus classique, avec un premier ministre qui protège son président

Le premier ministre, on l’a vu, hier sur France 2, il monte aux avants postes. Il défend ses troupes, même si c’est une défense modérée de Richard Ferrand. Il défend ses troupes, donc, il défend les textes à venir aussi comme la moralisation de la vie publique ou la réforme du code du travail. Mais dès qu’il sera usé, essoré par les critiques de ses adversaires, le chef de l’Etat le remplacera. C’est ce qu’on appelle un premier ministre Fusible.

Cela faisait deux quinquennats que le chef de gouvernement ne jouait plus ce rôle-là. On est donc dans un retour à la normale, dont il faudra voir s’il va durer…

En général, un président et un Premier ministre, c’est un couple qui promet de s’aimer toute la vie

Mais qui tangue dès que le pouvoir est en difficulté, devient impopulaire. C’est toute l’histoire de la Vème République. Là, ce n’est pas le cas. Ou pas encore le cas. On est en pleine Macromania, des bons sondages, des médias unanimes, la nouveauté. Alors l’Elysée profite de ce climat pour d’expérimenter une nouvelle façon de travailler avec Matignon.

Au lieu qu’il y ait des doublons, comme avant, entre les cabinets du président et du premier ministre, on tente de répartir autrement les conseillers. Les conseillers diplomatiques, par exemple, sont tous à l’Elysée. Matignon n’a donc plus de diplomates. A la place, on a mis le conseiller fiscalité à Matignon. Cela s’appelle une fusion acquisition.

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