Dans deux jours, le Premier ministre fera un point, par visioconférence, sur la crise sanitaire avec tous les responsables politiques. C’était une demande de Marine le Pen.

L'opposition en quête médiatique. Ici le gouvernement en vidéoconférence sur la gestion de l'épidémie de COVID-19 et les mesures de confinement, 19 mars 2020
L'opposition en quête médiatique. Ici le gouvernement en vidéoconférence sur la gestion de l'épidémie de COVID-19 et les mesures de confinement, 19 mars 2020 © AFP / LUDOVIC MARIN / POOL

Demande acceptée !

L’opposition réclame des infos, c’est normal, et surtout, elle a des questions à poser. Sur les tests, sur la durée du confinement. Il y a beaucoup de sujets sensibles, en ce moment. 

Mais le problème, c’est que l’opposition est en ce moment inaudible. Car les médias sont trustés par deux catégories de personnes : d’abord, tout ce que la France compte en professeurs d’infectiologie. Et ensuite par les membres de l’exécutif. 

Le sommet de l’Etat. Il parle quasiment tous les jours. Il écrase la bande passante. Avec des scores spectaculaires : la première fois, Emmanuel Macron a été vu par 25 millions de personnes. Puis, par 35 millions – record absolu - et enfin, 22 millions, quand il était à Mulhouse. Quant à Edouard Philippe, son dernier 20h, c’était 12 millions de télespectateurs !

Comment expliquer ces chiffres ?

On est dans le temps de la sidération et de la gestion de crise. Donc on écoute ceux qui tiennent le gouvernail. Et pendant ce temps, les opposants ils rongent leur frein, enfermés chez eux. 

Nicolas Dupont Aignan n’arrête pas de faire des vidéos depuis sa chambre. Il a tweeté sept fois hier. Prenons aussi Marine le Pen. Elle qui avait théorisé la parole rare, elle multiplie les interviews. Elle demande que les médecins de ville puissent délivrer de la chloroquine.

Au même moment, Mélenchon plaide à cor et à cri pour un pôle public du médicament. Ses interventions cartonnent. Mais on est loin, très loin, des scores de l’exécutif. 

Est-ce que cela peut avoir un impact sur les sondages ?

C’est déjà le cas ! La cote d’Emmanuel Macron a bondi de 11 points. Il y a un effet lié à la présence médiatique massive du président. Il y a aussi l’effet légitimiste, qu’on avait vu autour de François Hollande pendant les attentats. 

Mais cela peut retomber comme un soufflet. D’ailleurs, les sondages montrent parallèlement que les Français ne font pas confiance au pouvoir pour résoudre la crise. Ce qui peut paraître contradictoire. 

Bref, il y a un immense espace pour l’opposition… après la crise. Le pouvoir sera alors sur le gril. Un député du rassemblement national, Sébastien Chenu, m’a dit hier : on note tout sur des post-it et on les colle sur le frigo. Quand ce sera le moment, on les ressortira : pourquoi Buzyn a quitté son ministère ? Où sont les masques ?

La politique est parfois un plat qui se mange froid. 

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Parisien / Aujourd'hui en France
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.