La ministre de l’Ecologie Barbara Pompili joue gros en ce moment, avec sa loi Climat qui passe à l’Assemblée. Elle se sait attendue au tournant.

Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique
Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique © AFP / Ludovic MARIN

Il faut se méfier des caricatures. On la disait cramée, isolée. Et voilà que Barbara Pompili est en train de faire son petit bout de chemin. Sa loi sur le climat est partie pour 3 semaines dans l’hémicycle. Une centaine d’articles. 

On trouve de tout dans cette loi. Des restrictions sur les panneaux lumineux, les vols en avion, les véhicules polluants dans les centre villes, la publicité pour les bonbons dans les programmes pour enfants. La liste est longue.

C’est la dernière grande loi du quinquennat. Elle est stratégique pour 2022. Mais ce texte a mauvaise presse parce qu’il était censé être la traduction de la Convention citoyenne. Or, les participants trouvent qu’on est loin de leurs propositions…

Le gouvernement en est conscient, d’autant qu’il y a eu des marches pour le Climat un peu partout ce dimanche

Alors, le gouvernement a décidé de remuscler sa loi au cours de l’examen en séance. Sur les passoires thermiques par exemple. Ces logements mal isolés. Ils devaient être interdits à la location en 2028. Ce sera… 2025. Et l’Etat va créer un nouveau métier : un "accompagnateur travaux", un spécialiste va vous aider à isoler de A à Z et trouver les financements. C’est demandé par la fondation Abbé Pierre. 

Autre avancée : si une publicité vous fait croire que son produit n’a aucun impact sur la nature, ce sera considéré comme de la pratique commerciale trompeuse. 

Au-delà de cette loi, il y a les 30 milliards du plan de relance pour l’environnement, et il y a aussi le bien-être animal. Les delphinariums vont être fermés. Ou encore la fin de la chasse à la glu. Finalement Barbara Pompili s’en sort plutôt bien. Même si son image a été ternie par le recul sur les néonicotinoïdes, ces insecticides tueurs d’abeilles. 

Quel est son bilan, comparé à ses prédécesseurs ?

Elle n’a pas le côté lanceur d’alerte de Nicolas Hulot. Mais qu’est-ce qu’il a obtenu ? La fermeture de Notre-Dame des Landes et une loi sur les hydrocarbures. François de Rugy, lui, il restera associé à la taxe carbone. Et Elisabeth Borne, elle n’est pas restée assez longtemps…

Barbara Pompili aura eu plus de grain à moudre. Et ce n’est pas fini puisqu’à l’automne, on pourrait avoir un référendum pour faire entrer le climat dans la constitution. Il faut encore que l’assemblée et le sénat se mettent d’accord. On a connu plus démonétisés comme ministres...

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Parisien / Aujourd'hui en France