On dit que la victoire d’Emmanuel Macron a lessivé la droite et que l’opposition, c’est Jean-Luc Mélenchon qui l’incarne. C'est plus tout à fait le cas…

Par Jannick Alimi.

A priori, cette opposition à front renversé peut paraître  surprenante. D’un côté, on a un Jean-Luc Mélenchon, l’homme à qui il manquait 600 000 voix pour se faire qualifier au second tour de la présidentielle, le premier opposant à Emmanuel Macron voire le président bis. De l’autre, un Laurent Wauquiez, bientôt président des Républicains, un parti à la limite de la fracture. Mais, comme me le confiait, un membre éminent de La République En Marche

Wauquiez va devenir notre principal opposant, c’est de lui que viendra le danger pour Macron. 

Il y a des signes avant-coureurs de cette inversion de tendance : la faible mobilisation contre la loi Travail a douché les espoirs de Mélenchon. Sans parler de la réforme de l’ISF et de la hausse de la CSG. A la surprise générale, Mélenchon lui-même a reconnu ce week-end que Macron avait gagné « le point pour l’instant. » 

Dans le même temps, Wauquiez, lui, s’enflamment et dénonce dans le JDD, le « désert de l’âme » de Macron, le « vide » du président, qu’il compare à « un romanesque desséché.»

Sauf que sur le fond, il y a de nombreuses raisons à ce changement de rôle. On l’a déjà dit ici, le leader de la France Insoumise se cogne à un plafond de verre : son refus de toute alliance avec le PC ou ce qui reste du PS tout comme sa ligne europhobe l’empêchent de progresser. En outre, les terrains de  lutte vont se raréfier d’où son appel à la jeunesse à se mobiliser. Laurent Wauquiez, lui, a procédé à une analyse très simple. Avec une aile libérale attirée par Emmanuel Macron et une aile radicale qui a perdu sa boussole depuis que le FN a perdu son cap, sa position « à droite toute » est frappée d’une logique quasi mathématique. Eurosceptique modéré, l’ancien ministre aux affaires européennes, peut, en outre, draguer du côté de l’électorat populaire de Marine Le Pen et de Mélenchon. 

On le voit, pour celui-ci, comme pour le FN d’ailleurs, les terrains de conquête se réduisent comme peau de chagrin, tandis que pour Wauquiez, tous les espoirs sont permis…

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