Comparaison des attentats du 11 septembre 2001 à New York et ceux du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis. Les dirigeants politiques des deux côtés de l’Atlantique n'ont pas réagi de la même façon.

George W Bush le 11 septembre 2001
George W Bush le 11 septembre 2001 © Getty / GREG E. MATHIESON

George W. Bush, au lendemain de l’effondrement des tours jumelles se lance, sous l’impulsion des néo-conservateurs, dans une croisade pour restaurer la démocratie au Moyen-Orient. 

Il envahit l’Afghanistan et l’Irak, cette dernière injustement accusée de posséder des armes nucléaires. Il crée un chaos indescriptible dans ce pays tenu d’une poigne de fer par Saddam Hussein. Bush en profitera pour se faire réélire au nom de la « guerre contre la terreur » pour laquelle il a enrôlé tous les Américains, médias compris, au nom du patriotisme. 

Après l’élimination au Pakistan d’Oussama Ben Laden, Barack Obama donnera le signal du repli. Mais il faudra au total 20 ans pour que les GI’s quittent Kaboul dans la plus totale confusion. Aujourd’hui, la menace extérieure n’est plus d’actualité outre-atlantique, pas plus que les opérations extérieures jugées post-coloniales.
 

En France, la réaction du pouvoir politique sera plus mesurée

Dans un premier temps, car le tandem Chirac/Villepin ne veut pas de la guerre en Irak par peur d’une déstabilisation de la région. Le territoire français sera donc épargné par le terrorisme  pendant une dizaine d’années. 

Jusqu’en 2012 où Nicolas Sarkozy et  le Britannique David Cameron renversent le Colonel Khadafi, créant un appel d'air pour le terrorisme au Sahel. L’opération Serval est ensuite décidée par François Hollande en janvier 2013 pour empêcher une colonne djihadiste de prendre Bamako au Mali. 

Les deux événements seront interprétés par les islamistes comme un alignement sur Washington. Du coup, les attentats terroristes reprennent en France, considérée comme un supplétif de la coalition américaine.

La laïcité républicaine française, opposée au communautarisme anglo-saxo, suscite un rejet grandissant des idéologues islamistes.

De surcroît, avoir ciblé l’état-major de l’État Islamique à Raqqa en Syrie est l’offensive de trop pour les islamistes. Daesh lance ses commandos contre Paris. 

Mais la lutte anti-terroriste va susciter un clivage au sein de la société française, ce qui n’a jamais été le cas Outre-Atlantique, où l'identité s'efface derrière le patriotisme. 

François Hollande refusant d’en faire un marqueur de son action, et c’est tout à son honneur, ne sera pas réélu contrairement à Bush. De sécuritaire, le débat est devenu aussi politique.

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