Après sa victoire à la primaire des écologistes, Yannick Jadot comptait sur ce week-end pour véritablement lancer sa campagne. Et sa candidature rebat une partie des cartes pour la présidentielle.

Présidentielle 2022 : la victoire de Jadot oblige Macron à labourer de nouveau le terrain de l’écologie
Présidentielle 2022 : la victoire de Jadot oblige Macron à labourer de nouveau le terrain de l’écologie © Getty / Antoine Gyori\ Corbis

On l’a vu poser fièrement en une du JDD, hier, avec ce titre : « Ce que ferait un président Vert». Il devait ensuite détailler ses propositions lors d’une grande émission dominicale – « Le Grand Jury »… Mais le programme a été annulé après la disparition de Bernard Tapie, ce qui a éclipsé ses plans...

Au plus grand bonheur de certains de ses adversaires, il faut le dire. Notamment l’exécutif, qui se demande comment contrer sa candidature… Et comment faire face à un écologiste dont le réalisme revendiqué tranche avec la radicalité habituelle du parti. 

Est-ce qu’on sait déjà comment ils comptent s’y prendre ?

Oui : avec du gros vert qui tache. Cela a commencé la semaine dernière, avec un déplacement de Gabriel Attal sur le site du feu projet de mégacomplexe EuropaCity. Alors jusqu’ici rien d’anormal, hein. Mais c’est le communiqué de presse du porte-parole du gouvernement qui trahit cette volonté de labourer vulgairement le terrain de l’écologie. Le texte est presque caricatural, puisque le secrétaire d’État y évoque je cite « l’action concrète » du gouvernement, en opposition avec « l’écologie de l’incantation et de la décroissance » portée selon lui par EELV… Tant pis pour la nuance…

Et ce matin, c’est Emmanuel Macron qui va lui aussi y mettre du sien, puisque le président se rend dans un refuge pour chiens et chats, en Haute-Saône. Un déplacement sur le thème du bien-être animal, là aussi très cher à l’électorat écolo.

Et ça, ça va suffire à récupérer des voix destinées à Yannick Jadot ? 

C’est toute la question, justement. Depuis son élection, en 2017, Emmanuel Macron se démène pour tenter de faire valoir son bilan en matière d’écologie, mais il n’y arrive pas. On lui conteste sa sincérité sur le sujet, et on le renvoie à son libéralisme économique, supposément incompatible avec les thématiques environnementales.

C’est pourquoi les macronistes misaient beaucoup sur la victoire de Sandrine Rousseau, pour espérer ramener Yannick Jadot à eux, un peu comme ils l’avaient fait avec François de Rugy à l’époque de la primaire PS. Date à laquelle Yannick Jadot, déjà lui, s’était retiré pour se ranger derrière Benoît Hamon… Le ticket avait fait 6% au premier tour de la présidentielle. Et l’écologiste a juré qu’on ne l’y reprendrait plus…

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