Désormais candidate à la présidentielle, la maire de Paris publie demain son sixième livre intitulé « une femme Française ». Et dans ce livre se niche la proposition que l’on n’attendait pas : le doublement du salaire des profs.

Anne Hidalgo le jour de l'annonce de sa candidature à l'élection présidentielle
Anne Hidalgo le jour de l'annonce de sa candidature à l'élection présidentielle © Maxppp / Stéphane Geufroi

Car oui, Anne Hidalgo pense possiblede multiplier par deux au moins, sur un quinquennat, le traitement de toutes les personnes au contact avec les élèves. Pour commencer, elle veut aligner le salaire des nouveaux professeurs sur le salaire médian des titulaires d’un bac 5. 

Depuis que cette mesure est connue, la bataille des chiffres fait rage et ses rivaux s’étouffent

Pour résumer, Anne Hidalgo ne serait qu’une sombre démagogue

Il est pourtant de bonne guerre que la maire de Paris, essayant de réanimer le grand cadavre à la renverse qu’est la social-démocratie, s’adresse en premier à un segment électoral qui votait autrefois largement pour le PS. 

Pour mémoire, en 2012, près de la moitié des profs avait choisi François Hollande au premier tour ! En 2017, plus d’un tiers d’entre eux avaient opté pour Emmanuel Macron, et un quart pour Jean-Luc Mélenchon. 

C’est d’ailleurs ce qui explique la réaction épidermique du leader de la France insoumise. Il a commencé par se moquer, en se demandant si le PS avait perdu sa culture de gouvernement. 

Dans le Journal du Dimanche, il a clamé qu’Anne Hidalgo n’avançait aucune idée politique particulière alors que lui promet par exemple une loi d’urgence sociale avec blocage des prix et smic à 1400 euros. 

On l’a compris, la bataille pour le leadership à gauche est sérieusement lancée

Mais la proposition d’Anne Hidalgo est-elle vraiment crédible ? 

Dans son livre, Anne Hidalgo la chiffre à 9 000 euros par an et par élève tout au long de sa scolarité. Le prix à payer pour transformer l’école et réduire le nombre de décrocheurs, selon elle.

Les économistes s’entendent autour d’un coût de 30 à 35 milliards d’euros par an, soit un huitième du coût global du quoi qu’il en coûte, évalué à 240 milliards. 

Encore une promesse que le PS ne tiendrait pas me soufflait hier un cadre de la majorité en référence à taxation à 75 % sur les très hauts revenus promise par François Hollande en 2012. Mais cet interlocuteur régulier du président reconnait que l’idée « n’est pas idiote ». 

Pas idiote en effet parce qu’avec sa proposition dont il reste à détailler les conditions exactes de mise en œuvre, l’élue PS réussit à organiser le débat autour d’elle. Intersectionnelle à sa manière en faisant se croiser deux des thèmes phares de la rentrée : la priorité donnée à l’éducation et l’augmentation du pouvoir d’achat. 

L'équipe